Jozef van Wissem à la Malterie de Lille

Malgré le froid, une petite foule s'est amassée avant l'ouverture des portes de la Malterie à Wazemmes. Initialement prévu à la Bulle Café de Moulins, le concert de Jozef van Wissem a été déplacé à la Malterie avec succès par l'organisateur, Cerbère Coryphée, plutôt spécialisé dans les musiques sombres et résolument indépendant. Ce n'est pas ce qu'on peut appeler un concert grand public mais pour les amateurs de ce type de musique et d'ambiance c'est véritablement un événement. Ce n'est certes pas la première fois que le Neerlandais vient à Lille, et même à la Malterie mais cela remonte à 2017 avec une setlist tout à fait différente et plus emprunte des morceaux de la bande originale du film Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, une BO primée à Cannes en 2013. Jozef van Wissem a pas mal bourlingué depuis, sorti plusieurs albums. Expatrié à Brooklyn, il est en Europe depuis plusieurs semaines et présente l'album Ex-Mortis sur une tournée qui a commencé fin 2021 et dont la première partie s'achève prochainement, avant de reprendre au printemps.

La tournée comporte des églises ou des temples où le son baroque de Jozef van Wissem ne fait pas tache. Ce soir, l'ambiance est différente mais le plafond bas de cette salle voutée est en phase avec ce qui va suivre. La longue silhouette du compositeur et luthiste se déploie devant plusieurs rangées de chaises. Avant même des considérations sanitaires, il avait souhaité des concerts assis, ce qui est cohérent au vu de précédents concerts prévus debout où beaucoup de personnes dans l'assemblées finissaient en tailleur par terre pour profiter pleinement de cet instant hors du temps. C'est que les concerts de Jozef van Wissem sont à l'image du film dont la BO l'a rendu célèbre. Dans les faits, la musique dure une petite heure. Au ressenti, c'est un temps long qui s'étire à mesure que les morceaux se suivent, sans ennui.

Jozef ne joue que d'un seul instrument ce soir comme souvent, un luth qui a été fabriqué sur mesure. En un sens ce qu'il joue ne dépareillerait pas au Globe, le théâtre de Shakespeare recomposé. Il ne faut toutefois pas s'y tromper et l'habit fait parfois le moine. Les vêtements noirs, la grosse croix qu'il porte sur la poitrine, les visuels des albums mais également les titres n'évoquent pas que les voûtes gothiques. Ils font aussi écho à un folk sombre duquel on est plus familier dans les festivals gothiques que dans les conservatoires mais avec lequel le luth se marie à merveille. Tout en finesse le concert se déploie, faisant la part part au dernier album bien entendu, et puisant un peu partout pour le reste, et pas forcément que les singles ou les morceaux les plus connus, ce qui est vraiment appréciable. De quoi remplir aisément un prologue, deux actes et un rappel, et d'avoir largement de quoi revenir pour un véritable rappel alors que le public applaudit à tout rompre. Jozef van Wissem a été très prolifique ces dernières années et qu'il est bon de redécouvrir ces titres dans des versions dépouillées !

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