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General Elektriks + Space Alligators au Métaphone

Soirée mémorable au Métaphone ce samedi. Un repas festif à ne pas rater, un banquet punk et funk : de savoureux Space Alligators en entrée, et General Elektriks en plat principal. Nous sommes sortis de là repus, ravis, aussi fans de l'alligator de l'espace que de la punk funk nation. 

Les trois jeunes comparses de Space Alligators ont entamé  la soirée en trombe en nous proposant un set précis, personnel et sacrément pêchu. Une jolie guitare, une basse puissante et une batterie métronomique, pour développer un style pop rock affirmé, puissant et fluide. Heureux sur scène, ils communiquent facilement avec un public réceptif à leur joie. Étonnants de précision, ils assènent un chouette son et des chœurs chics sans rougir.  On se dit rapidement qu'on a très bien fait de venir et qu’il ne fallait absolument pas passer à côté de ce jeune groupe très prometteur. Ils ont su chauffer électriquement la salle avec une facilité déconcertante. Le chanteur a tout du charisme d’un Miles Kane, une voix parfaite et entraînante, même les Arctic Monkeys n’ont qu’à bien se tenir, nos petits nordistes sont dans la place. Retenez le nom, ces sauriens cosmiques n'ont pas fini de ramper, « Run run run », chante à tue-tête Martin d’une énergie mordante et totalement maîtrisée sur Catch me. 

Le public est enchanté par le rythme bluffant des Space qui profitent de la particularité joyeuse du public du Métaphone, hétéroclite et familial. ils touchent tous les cœurs. Le chanteur de General Elektriks ne s'y est pas trompé, venant discrètement se régaler sur le côté de la scène en dodelinant délicatement de la tête. "Est ce que vous voulez checker your ass ?" Demande le bassiste avant que le groupe n'entonne une chanson aérienne pop et extrêmement dynamique. Jim a totalement conquis la salle avec une belle basse vrombissante, la légendaire 4001 de Rickenbacker, un batteur bluesy, et un chanteur engagé. Ces jeunes gens aux influences anglo-saxonnes semblent en effet venir de l'espace, D'où viennent ces sons pop, perso, groovy et carillonnants propulsés par la basse ? Crocosmonautes ? Ils ont aussi tout de prédateurs planqués dans les Everglades : nous étions venus goûter à cette entrée en matière et ce sont eux qui  nous ont dévorés tout crus, décidés à devenir un grand groupe... C’est juste une question de temps ! Après le concert, le groupe s’est prêté agréablement au jeu de l'interview express.

LillelaNuit :  Alors heureux ? Martin pour les Space Alligators :  Très heureux, nous l’attendions tellement cette date au Métaphone ! Les conditions étaient excellentes l'accueil au top et le public très réceptif, on a pris beaucoup de plaisir ! Et Général Elektriks ont été géniaux !

LillelaNuit :  C'est quoi pour vous l'attitude idéale à avoir sur scène ? Martin : À vrai dire on ne se pose pas trop la question mais s’il y avait une attitude idéale ce serait simplement de rester nous-même et de ne rien sur-jouer. On est tous les 3 très complices sur scène comme en dehors et ça se ressent dans notre attitude avec le public, on garde le sourire tout en lançant des piques au public !

LillelaNuit :  Vous avez tout pour détrôner les grands groupes, c'est pour bientôt ? Martin : (Rires) on y travaille ! Plus sérieusement, on s'attache avant tout à faire la musique qu'on aime le mieux possible tout en prenant un maximum de plaisir. Aujourd'hui c'est vrai que ça se passe plutôt bien pour nous, on est très contents de vivre de grands moments sur scène et avec les gens après les concerts mais on reste lucide et on continue de travailler pour avancer !

LillelaNuit : C'est quoi le message que veulent livrer les Space Alligators au monde ? Martin :  Un message positif de paix, d'amour et de plaisir ! (Rires)  Plus sérieusement c'est de profiter un max, d'aller au bout des choses et de pas se prendre au sérieux !

LillelaNuit : Si vous pouviez monter sur la scène de vos rêves, ce serait laquelle ? Martin : On est des grands fans du Trianon à Paris, de l'Ancienne Belgique à Bruxelles, mais le top serait une première partie de Johnny Hallyday au stade Bollaert ! (Ironie)

Ne manquez pas l’occasion de les découvrir sur scène : le 8 avril à la Péniche d’Haubourdin, le 28 avril à l’Aéronef et sur d'autres dates.

La température est montée, on attend la Punk Funk Nation. La disposition scénique est impressionnante et étonnante, le clavier et chanteur Hervé Salters au centre pour satisfaire le public de ses déhanchés, bonds, cabrioles physiques et sonores pendant le concert, toujours dopé par les sourires et enchantements qu’il procure dans la fosse. Le public frôle l'hystérie  à l'arrivée du groupe, et on doit avouer que l’entrée est très au point. Cinq sur scène, multi-instrumentistes, la formation claviers/batterie/pads impressionne. Mécanique de précision et liberté formelle se mélangent, c'est parfait. 

Des styles vestimentaires très personnels jouent les décalages entre les cravates, le costume, la crête sur la tête ou encore le pantalon vinyle. On affiche une réelle liberté et se dégage un sentiment de mix entre le glam rock, le punk et le funk, étrangement moderne et actuel. En musique, il y a de place pour tout le monde. Le public connaisseur apprécie le déchaînement sur scène et entonne les chansons  en osmose avec le groupe. Le claviériste et bassiste est tour à tour impassible ou funky, il danse mécaniquement et sensuellement sur les rythmes endiablés de General. Des images de Bootsy Collins, des chansons de Stevie Wonder nous reviennent à l’esprit, l'ombre de Sly et de la Family Stone, Le Clinton de Parliament. Ce faux ridicule ne tue pas, il transcende : quelle liberté de son, de ton, d'allure, quelle sensibilité et énergie dans ce groove !

General et son public sautillent, le chanteur titube, le son déferle, et s’enchaînent les nouveautés, comme les tubes les plus anciens... On apprécie la voix si parfaite, haut perchée au traitement électro pop, et le groove est énorme sur "Magnets". Le public transpire de joie, les gens dansent éperdument tels des pantins heureux, comme s’ils étaient tombés dans une mécanique forcée du bonheur… qui marche, insouciante. Thermonuclear sweat.  On se régale tous et on s’amuse des coups de hanches de Jessie Chaton avec sa basse bâton ou transparente, ou même de son jeu de jambes lorsqu’il tape gaiement sur son clavier. Les beats surprennent et renforcent notre sentiment que ce dernier album est plus soul que les précédents, un son hip hop , funk et pop où tout est à sa place, en équilibre avec le vibraphone. David Lynch moments met totalement en symbiose le groupe et public qui s’abandonne jusqu’à la fin du concert à l’allégresse. "Montrez nous que nous n'êtes pas comme ces gens sales aux mains sales qui aiment l'argent" lâche, décidé, le chanteur sur « Show me your hands », tout le monde s’y met le sourire béat.

How could you, nouveau morceau et balade presque romantique, est très bien accueillie. Le tube Raid The Radio fait un réel tabac, le chanteur interpelle le public avec un "Y a t-il des gens à Oignies qui veulent sauter avec nous ? ». On se demande si c’était bien la peine de le demander puisque le public n’a cessé de danser depuis le début du concert. Dans le dernier morceau Whisper to Me, General transmet une dernière fois sa folie, sa joie d'être là, tellement heureux du partage.

Le groupe offre deux rappels, acclamé par le Métaphone tout entier. Un tonitruant « Tu m’intrigues » nous transcende et l’on sourit lorsque monsieur Chaton se redonne un petit coup de peigne pour se crêper les cheveux et reprendre quelques forces funky pour finir en beauté, la pêche à son sommet. Si la salle du Métaphone sait toujours mettre en valeur les groupes qu’elle reçoit, on ne peut que la féliciter de sa programmation. Le Métaphone c’est en effet toujours the place to be, et la Punk Funk City ce soir.

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