Excruciate 666 + Nirnaeth + Sepulchral Voices + Nihilism au Midland

Il est 18h30, le ciel est mitigé en ce jour comme il l’était en Normandie le 6 juin 1944. Quelques uns des musiciens sont réunis devant l'entrée et s’inquiètent. Le public sera-t-il au rendez-vous ? C’est l’angoisse de tous les artistes et d’autant plus dans un genre aussi sélectif et exigeant que la crème du rock extrême, le Black Métal. Pour les non-initiés, rappelons brièvement qu’il s’agit d’une catégorie de métal (ou hard rock comme disent les vétérans) joué très vite, très fort sur des thèmes aussi joyeux que le satanisme, l’apocalypse, l’extinction en masse du genre humain, la guerre, le ketchup (rayez la mention inutile). En ce 8 mai 2015, on se demande d’ailleurs si on vient ici commémorer les cinquante millions de victimes de la seconde guerre mondiale dans la morgue ou l’allégresse par exemple. Heureusement, ils arrivent ! Une petite foule d’irréductibles s’est finalement rassemblée et les hostilités vont pouvoir commencer !

C’est d’abord Nihilism, venu de Metz mais pas malgré eux. Ils donnent dans l’originalité et mitraillent la foule d’un death technique vif et meurtrier qui prend ses racines dans les origines du genre. Le batteur bombarde le public tel un Patton du métronome et rythme les slaps de la basse qui manquent de peu de nous faire exploser la cafetière comme à la trouée d’Avranches. Les riffs sont assassins et incessants, une voix d’outre-tombe psalmodie ce qui pourrait être notre extrême onction. On s’en fout de crever d’ailleurs et ça commence déjà à secouer gentiment des cervicales.

Setlist : Ocean’s War – Beyond Redemption – Twelves Thousand – The Blood Poured – The Old Tree Died – Seven Thunders – All Will Be One – The Hanging Tree – War of Dust

C’est comme ça que ça se joue le métal !

Sepulchral Voices

Les salves musicales s’arrêtent et le temps d’une trêve, chacun y va de se désaltérer, car il fait très chaud à l’intérieur, de se revisser la tête ou de se rafraîchir à l’extérieur où une ondée nocturne a lavé les trottoirs. La seconde attaque est lancée par Sepulchral Voices, qui devait ouvrir les hostilités, mais a rejoint le front avec un peu de retard. Ils sont trois sur scène, le maquillage du chanteur est inspiré d’un Rambo bourré et la musique mitraille les neurones sans laisser le moindre répit. “C’est comme ça que ça se joue le métal !” exhorte le chanteur aux victimes gigotant qui n’ont pas encore les oreilles en sang. On n’est pas loin des racines du genre, entre Sodom et Venom des premières heures.

Setlist : Metal Attack – Sepulchral Voices – Black Land Maniac – Burn The False Cult – Son of Witch – Total Chaos – Nuclear War – Death Metal Witchcraft – Speed Metal Assault – Black Leather Bitch – Outbreak of Evil – One Jager For The Road – Satanik Witchfucker

Le troisième assaut est initié par la division Nirnaeth qui revient avec un nouveau batteur qui n’est pas en reste et après un rafraîchissement de trois ans qui n’a pas émoussé sa rage. L’enthousiasme de leur performance est contagieux et les murs tremblent sous les bombes musicales que les barricades de mes bouchons d’oreilles n’arrivent pas à contenir. Je souffre, mais parfois la douleur peut être une source de plaisir ! Il n’y a plus de limite entre la scène et un public qui se rallie aux chants barbares d’une troupe possédée par des harmonies qui n’ont rien à envier à Emperor ou Tsjuder.

Setlist: My Misanthropy – Let Me Inside – Cursed – Inertia – Nihil – Spirit Elimination

Toute cette fureur a rendu la foule assoiffée de plus de bière et de son et Excruciate 666 est là pour achever la nuit dans une tempête de feu et de paganisme guerrier. Les cartouchières barrent les torses, les masques de bataille ne laissent aucun doute sur l’envie d’absolu qui s’apprête à être assouvie dans un déluge de décibels et une ambiance de fin du monde. Je me retrouve nez à truffe avec la tête d’un cochon en front de scène qui a connu l’honneur du sacrifice aux dieux païens du Métal ! Je rampe jusqu’à un abri tandis que la foule en transe a déjà initié sa gigue infernale autour de moi.

Setlist: Awakening of The Tyrant – Iron Blood Ashes – Thunder In The Black Skies – Sons of Warfare – Sign of Disaster – A Call To Destruction – Medieval War – Furious Thrashing Rage – Battlehammer – Ghettoblaster

Alors que les lumières se rallument, je constate à ma stupéfaction qu’il n’y a pas un seul mort dans la salle, pas un seul blessé mais une compagnie revigorée et souriante qui peu à peu se dissémine dans la nuit, s’attarde encore un peu au bar ou avec les musiciens en train de remballer leur artillerie. Encore une fois je repars du Midland des images plein la tête et des échos tonitruants dans le crâne, le pied léger et l’esprit dans les nuées. Un gros remerciement aux organisateurs de Wolves Of The Underground et Danny, le taulier, pour cette superbe soirée.

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