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Clio à l’Espace Agora de Santes

C'est par une douce soirée automnale que nous avions rendez-vous à Santes dans le cadre du Festival Deci-Delà proposé depuis plusieurs années et dont le but est de mettre en lumière des artistes de qualité mais jusqu'ici moins exposés médiatiquement. C'est notamment le cas de Clio, jeune artiste bizontine qui distille depuis 5 ans maintenant une pop mélancolique finement ciselée et qui fait honneur à la langue de Molière.

CLIO, UNE ODE A LA MELANCOLIE HEUREUSE

Malgré une assemblée pour le moins éparse et certainement pas synonyme du talent de la demoiselle, nous avions pour notre part hâte d'assister à cette performance, avortée en 2020 pour cause de pandémie. Ainsi dès 20h15, Clio s'avance à pas feutrés pour rejoindre solitairement son orgue et donner le ton de la soirée : une ode à la mélancolie heureuse.

Part belle sera donnée durant cette soirée à son dernier opus "L'amour Hélas" dont nous vous avions parlé dans les chroniques et qu'il est indispensable d'aller écouter. Rejointe ensuite par Paul & Augustin, les trublions du volet électronique du concert, Clio nous emmène par la main dans son univers, où spleen et poésie cohabitent pour souligner toutes les complexités du sentiment amoureux.

Dotée également d'un humour faussement naïf, la Belle ne nous cache rien et n'hésite ainsi pas à charrier ses acolytes coupables d'un départ manqué sur l'un des titres. Une raison supplémentaire d'apprécier l'authenticité de l'artiste qui se livre autant sur scène que dans ses compositions.

un concert de clio, C'EST UN PEU COMME RETROUVER UNE AMIE

Assister à un concert de Clio, c'est un peu comme retrouver une amie dans un bar de Paname pour disserter de ses dernières rencontres ou de ce que lui inspire le monde (et les hommes) qui l'entoure. La jeune autrice-compositrice-interprète a en effet cette capacité à nous projeter instantanément dans ses tranches de vie comme de petits films qu'on imagine très bien tournés façon Nouvelle Vague.

Que ce soit avec Tristan, Sous l'Averse ou dans Tes Nuits Berlinoises, Clio raconte des moments qui pourraient tous nous arriver et qui font de l'Amour ce jeu si hasardeux mais si intriguant. Des nuits berlinoises à la Rue de Prague en passant par Vertige, on assiste ici au passage le plus électro du set où les boîtes à rythme font leur office pour le plus grand plaisir de nos têtes ne demandant qu'à dodeliner en signe d'adhésion.

Soucieuse de l'Etre mais aussi du Paraître, Clio n'hésite pas également à commenter l'accoutrement de ses acolytes, Augustin, nous apprend-t-elle, étant doublement fier ce soir : fier de sa nouvelle veste mais aussi de jouer dans le Nord puisque natif de Lille.

Même si l'on a connu des publics plus chaleureux, la chanteuse aux intonations birkiniennes prend en tout cas plaisir ce soir à retrouver la scène comme nous à retrouver les artistes qui nous ont tant manqués durant ces derniers mois.

DANS LE NORD, CLIO NE NOUS AURA PAS PERDU

Le temps de repasser en solo derrière son clavier puis de rejoindre Paul alternant entre synthés et guitare sèche que le set de L'Amoureuse arrive déjà à sa fin et c'est Déjà Venise qui nous rappelle que son talent ne date pas d'hier.

Le trio du soir nous gratifie alors d'un premier rappel adaptant à la sauce Clio le Porque te vas de Jeanette avant de réinterpréter Ai-je perdu le Nord ? (gentiment savonné en milieu de set par un "excès d'engagement" de Paul).

Une chose est sûre : dans le Nord, Clio ne nous aura pas perdu, on regrettera simplement la durée du set (1h10) tant l'on aurait bien continué à savourer la voix envoûtante d'une artiste aussi talentueuse que touchante.

Chronique : Avec Clio, « L’Amour hélas » jamais ne nous lasse

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