Digital Vandal

Digital Vandal

Séb & Benoît Style : VJ's Date de l’événement : 05/11/2012

Site Web

Digital Vandal, le nom apparaît souvent dans des programmations qu’on annonce. Si vous n’avez pas encore repéré ce collectif de VJ’s, c’est le moment de vous rattraper et de découvrir les projets auxquels il a participé de près ou de loin : The Dusty Rainbow Experience de Wax Tailor à voir à Lille le 14 novembre, le festival les Nuits Secrètes, le tableau de Lille sur le mapping de la Treille pour Fantastic… Mais au fait, savez-vous vraiment ce qu’est un VJ ? Séb et Benoît vont vous éclairer ! 

Quelle est l’histoire du collectif Digital Vandal ?

Séb : Le premier collectif mis en place par Benoît s’appelait Protolangage en 1998.
Benoît : Cette association a eu une belle mort.
Séb : On était 15 un peu foufous à jouer avec le matériel de l’époque : les vhs, les grosses télés et les grands ordinateurs. On a réussi à mettre en place quelques projets et à avoir des bonnes collaborations notamment grâce à plein de gens qui nous ont fait confiance. Puis pour Digital Vandal, on s’est retrouvé finalement à cinq : Pierre, Bénédicte, Julien, Benoît et moi. On voulait continuer le vidéo-live de manière plus professionnelle et se concentrer sur l’installation vidéo. 

Et aujourd’hui comment vous vous organisez à cinq ? Chacun a une spécialité ?

Séb : Oui, on a tous une spécialité et on est tous intermittents du spectacle dans le son, la lumière, la vidéo... Certains sont meilleurs en montage, d’autres en effets spéciaux, d’autres en photo et d’autres en bricolage. On est tous très complémentaires. On peut aussi bosser dans plein de secteurs différents grâce à nos envies et nos contacts. On travaille donc seul, à deux, à trois ou tous selon la grandeur du projet et des disponibilités de chacun. Par exemple, pour les Nuits Secrètes, toute l’équipe se déplace car le festival dure trois jours avec une grosse installation déco vidéo pour la Bonaventure. On a aujourd'hui un gros stock de déco réutilisable et modulable dans le hangar. Ces cinq années de résidence ont été une très grosse expérience pour nous. 


Les Nuits Secrètes 2008

A part les Nuits secrètes, vous pouvez nous parler de vos derniers projets. On était en contact par exemple pour le festival Fantastic et ses Nuits électriques. 

Séb : Une partie du festival se déroulait à l’Aéronef. En fait, nous avons une relation particulière avec cette salle. L’équipe de l’Aéronef fait partie des gens qui nous ont fait confiance dès le début et en tant qu’intermittent, on travaille souvent là-bas. Dans la programmation dès qu’il y a une date comme Fantastic qui nous intéresse pour insérer de la vidéo, on propose d’y participer. C’est d’ailleurs souvent nous qui allons vers les équipes pour faire des propositions.

Vous avez donc contacté Lille3000 pour votre intervention dans le superbe mapping sur la Treille pour un autre événement Fantastic ? 

Séb : On n’a pas participé au mapping en lui-même. On a participé à la création vidéo. C’est important de revenir sur les étapes de ce projet pour éviter les confusions. Plein de gens ont fait des raccourcis en nous félicitant directement mais en fait, on a participé de loin à ce projet qui a marqué les gens lors de l’ouverture de Fantastic. Notre pote JP de l’association vidéo Pitch a été contacté par l’agence parisienne Cosmo AV chargée du projet global de ce mapping. L’équipe voulait sous traiter avec un Lillois un tableau sur la ville. JP m’a donc appelé pour faire les prises de vue du tableau en mosaïque que vous avez pu voir avec des fenêtres et des façades de Lille qui s’illuminent. Il s'est chargé du montage.

Pour bien comprendre la situation : aujourd’hui, Digital Vandal participe à ces projets parce qu’ils plaisent à l’équipe, que vous proposez donc votre participation ou que vos contacts vous recommandent ?

Benoît : C’est ça. On a pas mal d’expérience aujourd’hui et on sait que les salles recherchent de l’habillage notamment pour les soirées électro pour ne pas avoir qu’un dj seul sur scène. C’est pourquoi on fait des propositions à l’Aéronef par exemple sur des dates qu’on aime. Quand on peut participer, on s’occupe de tout : on contacte les groupes pour savoir s’ils veulent ou non de la vidéo, on récupère leurs logos et leurs images pour ne pas insérer des éléments inventés. On respecte leur charte graphique.
Séb : C’est vrai que notre petit plus c’est qu’on est intermittents et artistes, on sait gérer une prestation de A à Z. On loue le matériel, on vient avec, on l’installe, on fait les images et la création vidéo. Les salles ne sont pas encore très équipées en vidéo. Elles n’ont pas forcément tout le matériel et le régisseur vidéo qui va avec. On peut donc nous donner les clés et tout préparer de A à Z. Beaucoup de VJs tournent seuls avec leur ordinateur. Il existe assez peu de collectif comme le nôtre.


Cinq Roues - Cie à Feux Doux

C’est intéressant d’avoir votre définition du VJ car on nous demande souvent après à la publication des programmations « Qu’est-ce que c’est un VJ ? »

Benoît : Pourtant, ça se développe de plus en plus notamment dans le spectacle vivant. On travaille par exemple beaucoup avec le théâtre comme avec la compagnie lilloise Ta Zoa (Clara 69 présentée au festival d’Avignon l’an dernier, Eva Peron). Et le vjing n’est pas une activité récente, elle commence à dater.
Séb : C’est vrai que quand on joue, il arrive souvent qu’on nous demande « Hé mec, tu peux mettre plus de bass ? » et de répondre « Mais mec, t’es sérieux ? C’est un ordinateur, c’est des images… ». Et c’est vrai qu’il n’y a pas de VJ connu à part des mecs qui font du live audio vidéo comme Coldcut ou Addictive TV. Mais un VJ annoncé seul sur un flyer n’intéresse pas les programmateurs en général parce que ce n’est pas lui qui va ramener du monde dans une soirée.
Benoît : La vidéo n’est pas encore reconnue à ce point là. Elle reste souvent associée à un artiste comme par exemple le cube d’Etienne de Crécy, l’installation d’Amon Tobin sur laquelle ont travaillé deux boîtes. 

En parlant de noms connus, vous pouvez nous parler de votre participation au nouveau projet « The Dusty Rainbow Experience » de Wax Tailor ?

Benoît : La première a eu lieu il y a quelques semaines. A partir de cette date, on a lâché le bébé. A la base, on a reçu le synopsis de The Dusty Rainbow Experience. On a décidé avec l'équipe de Wax Tailor de la forme de la scénographie puis on a travaillé concrètement sur la construction des éléments dans nos ateliers à IPN. On avait comme contrainte par exemple que l’écran devait bouger. Et avec ce même synopsis, Wax Tailor est allé trouver une quinzaine de réalisateurs…
Séb : Une quinzaine de réalisateurs a travaillé sur les images et les clips des 1h45 de show. Comme notre scénographie avait une forme un peu particulière, ils ont dû adapter leurs images à nos écrans, penser aux musiciens et aux platines qui vont être installés devant. C’est différent pour eux de la diffusion en salle de cinéma sur écran plat par exemple. En fait, on leur a conçu le système complet : la scénographie, son système de pilotage et le système de diffusion vidéo.
Benoît : Au niveau du contenu diffusé en lui-même, on en a fait très peu en fait. Le live est réparti sous forme de tableaux. On en a donné un à JP le copain de Pitch dont on a parlé tout à l’heure et on a donné une partie d’un des tableaux à notre stagiaire pour lui permettre d’apprendre beaucoup et de mettre sur son CV une belle expérience. On a donc peut-être créé cinq clips, tout le reste, ce sont les autres réalisateurs. La décision artistique est revenue bien sûr à Wax Tailor. Le régisseur a notre fiche technique qui indique comment tout installer. Et alors que le projet tourne depuis trois semaines, on n’a pas encore eu de coup de fil ! Et ça va tourner encore environ 80 dates dont mercredi 14 novembre à l’Aéronef. Le show est vraiment très joli.
Séb : C’est notre gros projet de l’année. Il faut aussi préciser qu’entre temps, il y a aussi plein de projets qui ne marchent pas.
Benoit : Le nerf de la guerre à la fin reste l’argent. Inclure de la vidéo dans un concert, ça devient vite très cher. Il faut aussi que ça le fasse avec l’artiste.
Séb : C’est spécial aussi comme expérience de vendre son travail à un autre artiste. On a l’habitude du live en soirée techno où on est derrière les machines avec nos images en direct.
Benoit : C’est donc la première fois qu’on n'est pas présent en live, que notre système vidéo tourne tous les soirs avec notre nom au générique pour la scénographie.
Séb : Pour le concert à Lille, c’est un petit coup de pression, c’est à la maison ! 

Digital Vandal
vandaldigital@gmail.com 
www.digital-vandal.blogspot.fr  
www.facebook.com/CollectifDigitalVandal
VIDEO : Digital Vandal sur vimeo/youtube/dailymotion

 

ou choisissez un nom
* Pour prouver que vous n'êtes pas un robot, recopiez le code ci-dessous Anti-Spam Image
Revenir au Mag Interviews
À lire aussi
205 queries in 0,378 seconds.