Aujourd’hui :

Jonathan Wilson à l’Aéronef

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Un vent de West Coast californienne en plein hiver à Lille

L’épisode neigeux a sans doute privé Jonathan Wilson des deux tiers de son public potentiel, samedi 4 février à l’Aéronef. Mais les quelque 150 spectateurs présents y ont gagné un concert intimiste, qui pouvait leur donner l’impression de boire des bières dans un club de Los Angeles : profitant de ses cloisons mobiles, la salle lilloise avait adopté sa configuration chaleureuse, une petite salle ouverte sur un bar…
Avantage d’un set du Californien : vous pouvez arriver 25 minutes en retard pour des raisons de verglas (ce fut notre cas)… et vous n’avez raté qu’un titre et demi ! Car loin des formats radio si réducteurs, Jonathan Wilson offre sur son premier album des compositions dépassant souvent six ou huit minutes (10’32’’ pour « Valley »), lesquelles peuvent s’étirer encore deux fois plus longtemps en concert. Sa voix n’étant pas son principal atout, les longs instrumentaux ne sont pas pour déplaire, intriguant peut-être les plus jeunes, et comblant ceux dont la jeunesse fut bercée par le folk-rock californien. Il suffit d’ailleurs de parler à Jonathan Wilson de Quicksilver, ou du Love d’Arthur Lee, pour éclairer son regard. Et quand on lui raconte avoir vu les Grateful Dead en concert gratuit à Lille, l’année de sa naissance (1974), ceci en plein-air sur l’esplanade, il s’exclame et appelle ses musiciens pour leur répéter l’anecdote - qui les fait tous visiblement rêver.

Humanité

Il n’y a pas que les cheveux longs et les allures christiques qui rapprochent Wilson de toute cette époque. Les longues envolées de guitares rappellent bien des souvenirs. Sur certains titres l’esprit maraude jusqu’en Europe : l’on croit parfois retrouver les envoûtants Roger Waters ou David Gilmour du film Pink Floyd à Pompéi (que l’on a pu revoir, projeté au Palais des Beaux-Arts à Lille)
Bien que titulaire d’un unique album officiel, Jonathan Wilson a présenté cinq inédits, comme le très country rock « White Turquoise » (vous pouvez le revoir live à Los Angeles sur youtube) ou Dear Friend, ou encore Lovestrong – qu’il avait interprétée acoustique en rappel à l’Ancienne Belgique le 16 novembre. En fait, un autre album de 2007, « Frankie Ray », demeure officieux.
Entre folk et psychédélisme, l’humanité d’un tube comme Gentle Spirit, qui donne son nom au premier album de Jonathan Wilson, pourrait figurer dans l’anthologie des cent plus belles compositions de l’histoire du rock. Si ce titre avait été écrit à l’époque de Janis Joplin ou du Jefferson Airplane, il serait devenu un classique ; aujourd’hui, il est un peu noyé dans la masse des productions des multiples courants musicaux.

Avec Omar Velasco

Placé en quatrième position de la playlist de samedi, Gentle Spirit a fait balancer les têtes. Le Californien a cependant attendu l’avant-dernier morceau pour présenter ses quatre musiciens, dont l’excellent Omar Velasco à l’éternelle chemise grunge, qui avait assuré seul sa première partie à l’AB Bruxelles (écouter par ailleurs son EP « See Lion Run »). Wilson les a rassemblés pour la tournée, car il avait composé seul dans son garage, au gré des visites de ses copains Adam MacDougall, Barry Goldberg ou Andy Cabic. Remerciant le « calme et la douceur » du public, il concluait à Lille par deux titres d’un quart d’heure, Valley Of The Silver Moon et l’inédit Illuminations.
Difficile de savoir si le néo-hippie de Laurel Canyon (quartier célèbre de Los Angeles ayant inspiré titres d’album à John Mayal ou de film à Lisa Chodolenko) proposera d’autres opus à l’avenir, lui qui était jusqu’alors un producteur et un guitariste recherché (Costello, Will Oldham…). Mais le copain de Chris Robinson (Black Crowes) ou Otto Hauser (Vetiver) a encore plus d’une composition dans son sac. Et pour comprendre ce renouveau folk, il suffit d’aller écouter les « artistes similaires » sur les sites de streaming pour mesurer l’ampleur du mouvement et son intérêt – on vous conseille The War On Drugs, ou King Creosote et Jon Hopkins, mais il y en a tant…

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