« Salade, tomate, oignons » : Jean-Christophe Folly, seul en scène au Théâtre du Nord, incarne avec brio trois personnages en quête d’identité du 28 janvier au 31 janvier 2026. En 1h, il aborde l’immigration, la solitude, et cette quête de « soi » et d’un « chez soi » qui se construit entre indépendance et intégration. Un spectacle drôle, touchant et profondément humain, où chaque mot compte et chaque silence parle.
« Je ne suis pas fou »
Accueilli par une scène plongée dans le noir, la lumière finit par s’inviter, timidement. Révélation d’un corps, d’une voix et d’un monologue qui sonne comme une discussion, une conversation sans réponse. La sensation de solitude et d’oppression s’installe : « je ne suis pas fou », 5 mots qui résonnent, se répètent et cherchent une validation auprès d’un public muet.

© Virginie Meigné
Mais quand la poêle décide de flirter avec la plaque de cuisson et que le pigeon devient un compagnon de vie, on s’interroge. Quand la nuggets devient une demande de validation, une attente oppressante et un besoin presque vital, on comprend. Comment s’intégrer dans ce nouveau monde ? Comment exister quand on est à la fois unique mais qu'on veut également faire partie d'un tout.
Le corps qui s’exprime
Il y a quelque chose de fascinant dans ce seul en scène, une justesse, dans les silences, dans les « s » qui sifflent, dans le positionnement du corps sur scène. Très vite, une chorégraphie s’installe, dans les expressions faciales, avec les mains qui racontent plus que les mots. Le corps passe de la danse à l’immobilité, du chant au playback. Ce jeu entre bruit et silence captive.

© Virginie Meigné
Côté tenues, le smoking, chapeau et gants, désir d’être chic et « bien-vu » laisse vite une place au haut rouge, aux talons qui claquent et au décolleté. La mutation est en marche. L’homme devient hybride, mélange de genres, de classes, de cultures. La « Salade, tomate, oignons » arrive.
« salade, tomate, oignons » La quête du "je"
Quelle place occupe-t-on dans la société ? Quelles sont les cases dans lesquelles on nous range ? Les appartenances qu’on nous impose ? Ce texte parle des silences, des transmissions absentes, de la difficulté à se reconnaître quand on hérite d’une histoire qu’on ne connaît pas. « Salade, tomate, oignons » bouscule les clichés sur l’immigration, la masculinité, le « chez soi ».
Le spectacle est une performance, où il faut rire, pleurer, être en colère, pardonner et s’exprimer. Il n’y a plus de quatrième mur, le personnage partage ses questionnements, ses doutes et ses espoirs. Un spectacle sur l’identité, mais aussi sur la manière dont on se raconte pour exister avec la difficulté d’être soi quand on est sans cesse renommé, classé, réduit à une origine ou à une couleur de peau.
Crédit photo : © Virginie Meigné
