Good Health Good Wealth et Big Special étaient en concert au Grand Mix à Tourcoing le mercredi 21 octobre 2026. Entre la découverte d’un duo britannique aux riffs accrocheurs et la performance explosive du duo de Birmingham, cette soirée a tenu ses promesses. Retour sur deux groupes qui ont marqué les esprits sur la scène du Grand Mix.
Good Health Good Wealth : une belle découverte en live !
Good Health Good Wealth. On était curieux de les découvrir. Un duo britannique composé du chanteur Bruce Breakey et du guitariste et producteur Simon Kuzmickas. Une formation jouissant d'une réputation flatteuse. Dont le style est décrit par les critiques anglaises comme un mélange de The Streets, NERD et Daft Punk. Intrigant.
En pénétrant, en retard il faut l'avouer, dans le Club du Grand Mix, la réputation ne semble pas usurpée. Le groupe est déjà sur scène. L'ambiance, la chaleur humaine et les mines réjouies qui règnent dans la petite salle bondée agissent comme un baromètre pour celui qui sait observer. Le groupe est en train de réussir son examen de passage. Riffs de guitare accrocheurs, paroles mi-chantées, mi-rappées, accent cockney, beats entraînants qui donnent envie de se déhancher. La bonne humeur est de mise. Les têtes dodelinent. Le public répond positivement à la faconde du chanteur.
Malheureusement pour LillelaNuit, le set étant déjà bien avancé, il se termine bien trop rapidement pour nous, pauvres retardataires. Déception. Ça avait l'air d'être vraiment chouette. Ce que nous confirment les spectateurs autour de nous.
Big Special : un concert tout simplement phénoménal !
Big Special. On les avait repérés depuis quelques temps. Et on les attendait avec impatience. Un phénomène underground en Grande-Bretagne. Des disques remarqués et remarquables. Des concerts décrits comme incendaires outre-Manche. Des captations live postées sur les réseaux sociaux mettant l'eau à la bouche. « Don't believe the hype » scandaient les Public Enemy. Mais l'impatience dans la salle est néanmoins palpable.
C'est sous des acclamations nourries que le duo de Birmingham monte sur la petite scène du Grand Mix. Joe Hicklin, le chanteur, tient deux cannettes de Guinness dans les mains, les pose sur un coin de la scène et s'installe derrière son micro. Son acolyte, Callum Moloney, l'air goguenard, prend place derrière sa batterie minimaliste. L'alchimie entre les deux est évidente.
On joue à l'économie.Le groupe d'ailleurs ne se privera pas, non sans malice et avec un accent à couper au couteau, de demander au public de lui lâcher quelques « youroz » au stand merchandising. L'attitude est punk. Le jeu de batterie est martial. On est en mode 'Do It Yourself'. Pas de musiciens ? Pas grave, on passe des bandes. Avant, le punk c'était ne pas savoir jouer de son instrument. Tel Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols. Maintenant, le punk, c'est de ne plus rien en avoir à foutre qu'il y ait des instruments sur scène.
Impossible pourtant d'enfermer Big Special dans cette simple case Punk. Le groupe prennant un malin plaisir à défier les étiquettes. Transformant sa performance en puissant maelstrom qui aspire tout sur son passage. Un tourbillon provoqué par la convergence audacieuse de divers courants musicaux. Post-punk, rock, hip hop, électro....Les genres s'entrechoquent, viennent se fracasser les uns contre les autres.
Au milieu de ces éléments déchaînés, pour tenir la barre et nous guider, l'impressionnant Joe Hicklin. Qui profite de la promiscuité que lui offre le club pour établir une connection fusionnelle et quasi-spirituelle avec son auditoire. Regardant son public dans les yeux, balayant la petite salle du Grand Mix pour que chaque personne se sente interpellée personnellement. Occupant la scène avec charisme et assurance. Adoptant une gestuelle ouverte et dynamique pour accompagner ses paroles et transmettre une énergie bien particulière. Fendant la foule en deux pour s'y mêler et y apporter ses bonnes paroles.
Un véritable prêcheur. Oh, attention, rien à voir avec ces prédicateurs qui vous prédisent enfer et damnation si vous vous abandonnez au plaisir et à l'hédonisme ! Bien au contraire. Quand il parle de pélerinage dans la chanson Trees, par exemple, il s'agit de celui d'un pauvre gars à la recherche de têtes de cannabis. Les textes, portant principalement sur la réalité de la classe ouvrière britannique et non dénués d'humour, sont déclamés ou chantés. Les mots sont ciselés et le verbe haut. Le discours est habité. On est saisi par le contraste saisissant entre des couplets scandés de manière brute et des refrains portés par un chant mélodique d'une grande puissance. Le chanteur/slammeur impressionne, émeut. Bouleverse même. Magnifique Black Dog/White Horse. Dans la voix se cache une ferveur héritée de la soul, du blues, du gospel et des musiques afro-américaines. Et comme les anglais ne sont jamais aussi bons que quand ils viennent faire la nique à leurs cousins américains, on s'incline.
Difficile de ne pas avoir la foi après une telle performance. Car oui. C'était 'big'. C'était 'special'. C'était phénoménal. Hallelujah.
