General Elektriks + The Animen + Big Junior au Splendid

A l’approche de Noël, c’est devenu un rendez-vous incontournable dans la métropole lilloise, « Le Père Noël est-il un rockeur ? » propose depuis plus de 20 ans des concerts. Le principe ? Le public achète un cadeau de Noël en échange de sa place. Les cadeaux sont distribués ensuite par des bénévoles à des enfants des centres sociaux de Lille. Au programme de cette première soirée « rock » : les jeunes Big Junior, les suisses de The Animen et les General Elektriks, qu’on ne présente plus à LillelaNuit.

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Les quatre garçons de Big Junior ouvrent la soirée à 19h45. Tout de rouge et de blanc vêtu, le code vestimentaire correspond bien à cette période de l’année. Certes il leur manque un peu de barbe pour jouer les Pères Noël mais dès les premières notes, aucun doute : ils savent donner. Derrière eux, une enseigne lumineuse « Big Junior » clignote en rouge et blanc, façon motel. Le public prend progressivement place dans la salle pendant que le groupe commence à jouer… Les morceaux s’enchaînent avec des sons électro, parfois rock, résolument hip hop. Du « Hip Wave » comme ils le décrivent : mélange de Hip Hop et de New Wave. Une surprenante combinaison de sons qui conquiert d’emblée le public. La salle, déjà bien pleine, se laisse très vite emporter par l’énergie et l’efficacité du groupe. Le chanteur, entre chaque titre, échange avec le public. Très à l’aise sur scène, on sent l’émotion du groupe : c'est une première pour eux à Lille ! Leur spontanéité embarque le public qui répond favorablement aux rythmes des Big Junior. Le chanteur étonne par les multiples variations de voix. A l’aise dans les graves comme dans les aigus, il alterne avec aisance passages chantés et slamés. Pari gagné pour les quatre copains qui clament leur amitié sous le cri de guerre « We are brothers ». Clap de fin pour le premier groupe de la soirée, c’était court !

A l’arrivée de The Animen sur la scène du Splendid, on comprend qu’ils étaient indispensables à la soirée « rock ». Dès les premiers titres, le groupe envoie du bon son, un rock sixties efficace avec une touche soul. Le groupe suisse se compose de Théo Wyser (chant, guitare), Guillaume Louis (batterie) Robin Schneider (basse) et Julien Marty (guitare, clavier). Une longue mèche de cheveux qui recouvre les yeux du chanteur lui donne un soupçon de désinvolture mais les costards et chaussures cirées, façon dandy rock, rendent les quatre garçons plutôt sages. Le rock’n’roll est aussi une histoire d’attitude, et le chanteur/leader des The Animen l’a compris. Son « je-m’en-foutisme » un brin caricatural pourrait agacer s’il ne maîtrisait pas si bien son organe vocal. Une voix taillée pour le style, qui ne s’épuise à aucun moment de la performance. Le public, majoritairement jeune ce soir, réagit plutôt bien et se laisse entraîner par les rythmiques à coup de riffs de guitare nuancés par des sons d’orgues. « Ce n’est jamais trop stressant de jouer du piano avant General Elektriks » ironise d’ailleurs le chanteur. Les titres s’enchaînent et le public semble se lasser. La structure des titres est sans surprise. Sur le morceau « My Pretty Ballerina », changement de sonorité avec l’apparition du ukulélé qui amène un peu de fraîcheur et de nuance et redonne du rythme au concert. Le groupe tire sa révérence sur un morceau plus calme pour laisser la place à General Elektriks.

La majorité du public était là pour le groupe d’Hervé Salters. Dès leur entrée sur scène, c’est l’euphorie. En quelques minutes, la salle du Splendid se met à danser et sauter dans tous les sens, entraîné par la fougue des musiciens qui se déchaînent sur leurs instruments. General Elektriks est fait pour le live, c’est incontestable. Les morceaux y prennent toute leur dimension avec des sonorités inattendues, loin des versions studio. La folie des sons électro, funk et pop se mêle dans une précision et une originalité qui ravissent les oreilles des mélomanes. Hervé Salters, au chant et au piano, tient le public en tension tant sa prestance est une véritable performance. Il virevolte et sautille énergiquement en jouant du piano avec la hargne d’un guitariste qui frappe les cordes de sa guitare électrique. Sa voix colle parfaitement avec la pop-funk du groupe. La salle est survoltée, le public danse et en redemande. Jessy Chaton, à la basse et au synthé basse, attire le regard avec son look affro-glam excentrique et ses pas de danse endiablés. Le mélange des genres est surprenant : le guitariste aborde un look dandy rock, le batteur une crête punk et le chanteur une cravate rouge. Pourtant tout s’accorde parfaitement : c’est risqué mais mesuré, tout comme l’imbrication de sonorités différentes… Des genres qu’on ne saurait mélanger savamment, à moins de maîtriser d’une main de maître ses compositions et la justesse de chaque touche. C’est le cas des General Elektriks. Et au moment du rappel, le public le leur rend bien !

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