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Fête de l’Huma – Jour 1

D’un rassemblement des forces de gauche, La Fête de l’Humanité est devenue, bien malgré elle, un immense festival musical où les grosses pointures se succèdent à un rythme infernal. Le soleil brille, les spécialités culinaires régionales et mondiales ravissent les sens. Le séjour sera synonyme de plaisir. Rarement le terme fête aura été honoré avec pareille ferveur. Trois jours à arpenter les allées d’un gigantesque site dans une ambiance bonne enfant. Ci et là, des guinguettes improvisées et des dance floor endiablés. A la base, on prépare tout un planning des concerts à voir mais il évolue forcément dans cette petite ville qui compte une vingtaine d’avenues au nom d’intellectuels tels qu’ Elsa Triolet, Louis Aragon, Nelson Mandela… Toutes les générations sont confondues, autour d’une idée de la gauche unie.

Les voitures et la foule se pressent aux alentours de la Fête de l’Humanité. Les difficultés : Ne pas perdre patience dans les bouchons, trouver une place de parking et enfin rejoindre le festival à pied… 80 000 personnes sont annoncées devant La Grande Scène. Vif succès. Faut pas baisser les bras, Johnny Clegg motive les troupes avec un titre qui mêle anglais, zoulou et français. L’enchaînement avec Scatterlings of Africa est un ravissement, sous une chaleur estivale. Les chaudes couleurs sur scène accompagnent cette musique du monde qui prône la tolérance. La bataille de danses zoulous et urbaines va dans ce sens. « Vive la France, Vive l’Afrique ! », un cri du cœur qui introduit le touchant Asimbonanga, qui s’écoute dans un quasi recueillement.

Grand Corps Malade séduit toujours autant. Les textes émeuvent ou font sourire. Son slam se ballade, insidieux, dans nos esprits, ouverts, réceptifs. Les rimes claquent, les thèmes frappent par leur diversité. Fabien raconte la vie, la fait vibrer. Le public est conquis par la sincérité du propos, la verve du verbe.

Au loin, sur la scène du Zebrock (comptez quinze minutes de marche !), Clarika enflamme un joli parterre d’accro à une musique un peu plus saturée. Son sens du spectacle fait mouche. Les anecdotes sur sa rencontre avec Greg le millionnaire (« Il existe ! »), son idylle farfelue avec Robbie Williams (« He’s a good coup ») égaient un set carré qui ne peut faire l’impasse sur les vestiaires des garçons. Autodérision, danses improbables, communication efficace font de ce concert, une véritable surprise avant la déroute des Fatals Picards…

Sur La Grande Scène, au loin, les échos de « Ocean » de John Butler Trio se font entendre depuis le parking… Que de douceur ! Frustrée, il faut motiver les troupes vers la grande scène qui se trouve encore à 15 minutes de route ! John Butler trio enchaîne sur « Zebra », le temps de rejoindre l’entrée et les dernières notes de ce blues enjoué se sont déjà éteintes… Quel dommage… . Très impliqué dans la protection de l’environnement et des droits humains, le trio est forcément le bienvenu à la fête !

De mémoire de Picards, jamais Les Fatals Picards n’avaient eu un son aussi lamentable. Les titres s’enchaînent dans une indifférence qui fait peine à voir. Difficile d’entrer dans leur réalité absurde, tant les paroles et instruments ne se distinguent guère. « On n’entend rien, on n’entend rien ! » protestent les Djembé Men et autres Amélie Poulain, qui font grise mine. La grosse déception.

Il valait mieux retourner sur La Grande Scène pour apprécier la classieuse et séduisante Olivia Ruiz qui mettait un terme à sa tournée de la femme chocolat, dans une ambiance surchauffée. De fait, le cacao se déguste avec délice. Christian Olivier des Têtes Raides croque la tablette avec envie sur le titre Non mais dis donc. Gourmands, les fans sont venus en masse, et se régalent devant ce spectacle maîtrisé de bout à bouche.

Il est déjà temps de prendre congés, la journée de huit heures est largement dépassée. François Hollande, présent sur les débats du lendemain, en appellerait à la grève pour moins que ça…

Pour ceux qui ne veulent pas encore se coucher, les petits groupes enchaînent et mettent l’ambiance jusqu’au bout de la nuit, comme à l’espace Cuba Si. Un Orchestre cubain y donnait un concert exceptionnel! A peine 2 chansons et le public se retrouvait à Cuba. Composé d’une flûtiste, d’un percussionniste, d’un pianiste et d’un chanteur, le groupe a fait danser la foule. Chemise en lin, Panama, mojito et déhanchés sensuels étaient de rigueur. Des morceaux de salsa populaires, un couple de danseurs professionnels, et tout le monde au pas ! Une joie de vivre et d’être ensemble le temps d’une nuit, bref, un moment magique et exotique !

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