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« Retour à Silent Hill » : Entretien avec le cinéaste Christophe Gans

« Retour à Silent Hill » : Entretien avec le cinéaste Christophe Gans

Christophe Gans Retour à Silent Hill Style : Cinéma Date de l’événement : 04/02/2026

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Pour sa sortie ciné, LillelaNuit fait le choix de Retour à Silent Hill. Après Crying Freeman, Le Pacte de Loups, La Belle et La Bête, Christophe Gans - créateur de la géniale revue de cinéma Starfix - donne une suite à Silent Hill, son adaptation du jeu vidéo d'horreur culte de Konami. Avec Retour à Silent Hill, Gans transpose le jeu Silent Hill 2 au cinéma. L'occasion pour LillelaNuit d'échanger avec ce cinéphile, cinéaste, et gamer passionné !

Retour à Silent Hill est plus organique, plus viscéral que le premier volet…

Christophe Gans : Mon intention était qu’il le soit indéniablement. Le premier est très opératique. À l'origine, en 2006, je voulais déjà adapter Silent Hill 2, le 2e jeu. Les quatre premiers jeux étaient sortis. Avec mon producteur, Samuel Hadida, on s'était dit : "Bon, si on adapte le 2, ça va être compliqué parce qu’il faut imposer le décor de la ville, ses règles, le fait que la ville change d'apparence." En plus, on peut se poser la question : n’est-on pas en train de voir une hallucination générée par le personnage principal, comme dans Répulsion ou Le Locataire de Roman Polanski (pour prendre deux films qui sont à mon avis très prémonitoires du jeu Silent Hill 2). On s’est donc rabattu sur le premier jeu qui nous semblait plus sage. On a mis toute l'énergie pour montrer l'univers de Silent Hill à l'écran. C'était déjà un vrai pari parce que ce n’était pas évident à faire. Je me souviens qu’à l'époque, les gens qui travaillaient sur le design et le production design se perdaient, c'est à dire j'étais obligé de leur dire : « Non, ça c'est le monde des ténèbres, on le met en rouille, ça c'est le monde du brouillard… » etc. Ils étaient paumés, même les acteurs. Sur Retour à Silent Hill, j'ai déplacé l'enjeu qui n'était plus du tout de reconstituer la ville parce que je savais comment le faire. Et puis entre-temps, le jeu a acquis une certaine réputation qui fait que les gens maintenant sont informés. Ils avaient vu aussi le premier film, ils étaient informés de comment ça fonctionnait. Donc, la restitution de la ville n'a posé aucun problème dans celui-là. En revanche, ce qui me semblait intéressant, c'était de travailler cette histoire d'amour entre Mary (Hannah Emily Anderson) et James (Jeremy Irvine), qui est en partie les fragments d'une mémoire assez malade. Et là, c'était intéressant. C'est donc un film qui est plus organique, plus expérimental que ne l'était le premier. Je craignais aussi de refaire le même film que le premier. Et ça, je n’en avais vraiment pas envie. Je fais assez peu de films et tous mes films sont très distincts les uns des autres. Donc ce n’était pas le moment de commencer à faire un succédané de l'un de mes films. Donc pour moi, il fallait très vite que je déplace le curseur vers quelque chose que je n’avais jamais fait. J’ai adopté une espèce de narration éclatée. Dans le 3e acte, où tout devient hallucinatoire, les décors s'enchaînent sans plus aucune logique spatio-temporelle. Ça m'intéressait de m'y frotter parce que j'adore David Lynch, qui est le maître de ça. Je voulais approcher quelque chose comme ça.

Plus on avance dans le film, plus la facticité devient troublante, angoissante, cauchemardesque.

Christophe Gans

Votre film est passionnant car si avec Retour à Silent Hill vous réalisez   un film d’horreur, il est bien davantage un mélodrame…

Tous mes films sont des mélodrames. C’est la première notion que j'ai reçue du cinéma, grâce à ma mère. Elle me laissait regarder certains films. Et les premiers films que j'ai regardé avec ma mère, étaient essentiellement des mélodrames. Elle adorait Rock Hudson, elle adorait les films de de Douglas Sirk. La première séquence où les protagonistes se rencontrent, n’est pas dans le jeu. C’est vraiment du Douglas Sirk. C’est à dire qu'il y a vraiment la rencontre entre un jeune homme qui vient de la ville, une jeune fille, une country girl, sur une route dans les Rocheuses avec un grand car qui passe et qu'elle rate. C'est une scène qui pourrait ouvrir un film de Douglas Sirk ou de Delmer Daves (ndr : maîtres du mélodrame américain). Il est clair que j'aime bien cette inspiration années 50 et je joue là-dessus pour créer une surprise, puisque les fans du jeu s'attendent à ce qu'on ouvre sur le parking de l'arrêt de bus, mais pas dans cette ambiance-là. Pas dans une ambiance solaire. Ils ne s'attendent pas du tout à ça. Ils reconnaissent le décor et s’attendent à ce que le film débute avec le gars qui va se regarder dans la glace des toilettes du bus stop. Et là, on comprend, là où démarre le jeu. Ça, on le verra plus tard dans le film.

Jeremy Irvine

Au cours de l’ouverture de votre film, on voit assez clairement le fond truqué, la transparence de la montagne derrière les personnages. Comme si on regardait un film hollywoodien des années 50. 

Christophe Gans : Le décor existait, je l'ai trouvé. L’eau était est bien de la flotte. En revanche, j'ai rajouté de la vie de l'autre côté du lac parce que c’était l'eau d'un réservoir. Ça donne ce côté, oui, artificiel et factice, que j'aime dans le cinéma hollywoodien ancien. Il y a ce côté factice qui devient cauchemardesque. Plus on avance dans le film, plus la facticité devient troublante, puis angoissante. Hannah Emily Anderson a un visage parfaitement symétrique, comme un personnage de jeu qui a les 2 parties du visage exactement similaires. Ça n’existe pratiquement pas. Mais elle l'a, et outre son talent, c'était une des raisons pour lesquelles je l'ai choisie. Elle a cette beauté symétrique qui fait qu’au bout d'un moment, il y a une espèce de chose un peu étrange, de facticité. Et qu'on trouve chez Maria aussi, qui est un personnage qui existe dans le jeu, et que j’ai essayé j'ai essayé de concevoir comme le personnage de Daryl Hannah dans Blade Runner. C'était la Réplicante qui s'amuse avec des bouts de poupées. Je voulais m’amuser avec l'aspect artificiel et factice, c'est quelque chose que j'aime bien faire pour créer d’un peu onirique et stylisé. Ce qui fait qu’on est tout de suite transporté dans un monde qu'on imaginait quand on était enfant, au cinéma.

Hannah Emily Anderson

Quelles équivalences cinématographiques avez-vous trouvées pour immerger le spectateur comme le gamer l’est avec le jeu vidéo ?

Christophe Gans : Il y a beaucoup à dire sur l’immersion. Souvent les gens disent : "Ah oui, les jeux vidéo c'est actif alors que le cinéma c'est passif." Je pense que c'est une bêtise de dire ça, je le dis modestement, mais je le pense. Ce n’est pas parce qu'on a les doigts qui bougent sur un joypad qu’on est actif sur un jeu vidéo. Ce que je veux dire par là, c'est que l'entrée dans un jeu vidéo est infiniment plus simple que dans un film ou que dans un livre. Ça, c'est sûr. On se met immédiatement dans un personnage, sauf si le jeu n’est pas bon ou qu’on peine à animer le personnage. Dans un film, et dans un livre encore plus, on doit en quelque sorte absorber le style. On doit comprendre un certain nombre de choses qui sont liées intrinsèquement à l'expérience cinématographique ou littéraire avant de plonger. Mais sinon, pour moi, on est autant actif intellectuellement devant un bon livre, devant un bon film et devant un bon jeu. C'est exactement la même chose. Bien sûr, il y a les jeux vidéo où on fait d'abord appel à vos réflexes et qui sont des jeux amusants. Mais je ne peux pas dire que je m'immerge dans ces jeux. Je m'amuse dans ces jeux, je m'amuse parce que je teste si je suis assez rapide, si je suis assez rusé pour passer l'épreuve, mais ça ne veut pas dire que je m'immerge. Les jeux dans lequel je m'immerge sont des jeux qui ont une narration forte et qui ont un univers visuel fort, exactement comme dans un bon livre ou dans un bon film. Donc, oui, la notion d'immersion est plus simple dans un jeu, mais à part ça, je dirais que ça dépend de la qualité de l'œuvre. Je n’ai beaucoup réfléchi à ça parce que c'était devenu une espèce de rengaine que j'entends partout. Mais, en fait non, il y a des livres, tu commences à tourner les pages, tu es d’emblée captivé. Bah, c'est pareil pour un jeu et pour un film. Tu t’assois, tu commences à regarder un film, s’il te capture, il ne te lâche plus. L’idée que les jeux soient actifs et pas le reste, c'est un peu développé par les gens qui n’ont pas une vision très précise des jeux et qui leur en veulent d'avoir pris la place du cinéma. Parce qu’il est clair que l'art du 20e siècle c'est le cinéma dans la mesure où il est au confluent de tous les autres arts. La littérature, la danse, l'architecture, la sculpture, la peinture, la photographie, tout ça. Le cinéma est le carrefour de tout. Et c'est vrai qu'au 21e siècle, on a très bien compris que le cinéma se laisse un peu déborder par le jeu vidéo qui lui-même est à au confluent d'un nombre assez incroyable d'arts classiques comme ceux que j'ai énoncés pour le cinéma, mais également d'arts nouveaux comme les arts numériques etc…. Donc, je dirais que jeu vidéo a une longueur d'avance sur le cinéma, mais le cinéma pourrait le rattraper s’il le voulait. Malheureusement, j’ai peur qu'il soit tenu par des gens très conservateurs.

Christophe Gans

Vous n'êtes pas très optimiste…

Christophe Gans : Ce n’est pas que je ne suis pas optimiste. Non, car je pense que le cinéma peut très bien survivre avec un très gros challenger comme le jeu vidéo. Mais il est vrai que le cinéma au 20e siècle était l'art absolu. Mais aujourd'hui, il a un sacré sparring partner en face de lui. Et qui donne des coups. Mais bon, ça dépend du point de vue de chacun. Moi, j'aime le cinéma, j'aime les jeux vidéo. Donc voilà, si le cinéma est un peu dépassé par le jeu vidéo, ce n’est pas très grave, je ne vais pas en mourir. Le cinéma est une vieille dame, le jeu vidéo est un garçon turbulent, ce n’est pas pareil. L'effort artistique qui est développé pour l'instant dans les jeux vidéo, je dis bien pour l'instant parce que je ne sais pas si ça va durer, est absolument incroyable et dépasse largement ce qu'on voit au cinéma, ça c'est clair. Le cinéma est malheureusement constitué à 90% d'œuvres d'un conformisme affligeant fait par des gens qui n’en ont rien à foutre. Ça, je peux le dire, haut et fort ! On vit sur l'acquis. Alors que dans les jeux, il y a une espèce de compétition sur les univers à créer, la direction artistique. On sent que les mecs y vont. Il y a un effort monstrueux. Combien de temps ça va durer ? Parce que le jeu vidéo aussi est en crise, il coûte trop cher, il coûte trop cher, il en sort trop. Donc, ils ne sont pas tous rentables, très peu le sont. Exactement comme au cinéma. Très peu de films sont rentables sur la production française de l'année dernière. Il y a eu une dizaine de films rentables sur l'ensemble de la production française. Eh ouais, mais les jeux vidéo, c'est pareil. Le problème, c'est que tout ça coûte cher, trop cher.

Au 21e siècle, on a très bien compris que le cinéma se laisse un peu déborder par le jeu vidéo.

Christophe Gans

Vous êtes gamer, le jeu vidéo a-t-il modifié votre approche de la mise en scène ?

Christophe Gans : Pour Le Pacte des Loups, c'est absolument évident. Sur Crying Freeman, je n’étais influencé que par le cinéma. Je suis rentré ensuite en France et c'est là que les jeux vidéo me sont tombés dessus. C'est vraiment à ce moment-là. Pour moi, les jeux vidéo avant Crying Freeman, était des jeux d’arcade sur lesquels je jouais avec mes copains par des après-midis pluvieux. Sur la Côte d'Azur, il y avait une grande salle d'arcade à Juan-les-Pins où j'allais dépenser des pièces de 0,50€. On jouait à des jeux avec des périscopes, on était dans un petit bateau, on faisait du hors-bord et des trucs comme ça, c'était rigolo. Mais ça n’allait pas au-delà de ça. Au moment de Crying Freeman, je me posais la question du renouvellement du cinéma via le manga, à une époque où personne n’en parlait. J’avais d’ailleurs découvert le manga Crying Freeman sans en comprendre les textes. Donc, je suis rentré et je me suis posé la question : où se trouve le prochain truc intéressant à insuffler dans le cinéma ? Un jour, mon neveu a eu un nouvel ordinateur, il jouait à un jeu qui s'appelle Quake. J'ai regardé ça. Il m'a expliqué comment on y jouait. Et j'ai joué 36 heures d'affilée. 36 heures d'affilée en me disant "ouille aille aille". Je me suis dit : "Alors là, quand ça va nous arriver dessus, Ça va être démentiel. » Je suis rentré à Paris, j’ai immédiatement acheté une PlayStation 1, et je m'y suis mis. Quelques mois après, est sorti le premier Silent Hill. Le premier Silent Hill était intéressant car il était adaptable au cinéma. Les premiers jeux auxquels j'ai joué, comme Tomb Raider, demandaient de gros moyens. Mais quand je jouais à Silent Hill 1, je me disais :  "Ah ouais, ça c'est bien ça, on peut le faire." L'histoire est connue, j'en ai parlé à mon producteur, je me suis filmé en train d'expliquer pourquoi je voulais adapter ce jeu, j’ai envoyé la vidéo au Japon, avec les sous-titres en japonais et puis, on nous a répondu favorablement. Voilà. Mais moi, ce qui m'intéressait dans le jeu, c'est que ça pouvait renouveler le langage cinématographique, sans l'altérer. Les plans qui font référence aux jeux vidéo ont déjà été faits précédemment par des réalisateurs très inspirés. Ils l’ont fait spontanément sans penser qu'ils étaient en train d'adapter un langage qui n'existait pas encore. Alors que moi, je le fais très consciemment. Dans Le Pacte des Loups, il y a plein de clins d'œil aux jeux vidéo. À mon avis, ça a participé au succès du film. Très clairement, il y a une partie du public qui a compris que le mec qui faisait le film, avait bien l'intention de les divertir avec des choses qu'il connaissait au départ. Mais, en même temps, tout le monde me disait que le cinéma de cape et d'épée, était passé de mode, que le film n’allait pas dépasser 2 millions d'entrées. Que si on faisait 2 millions, c’était déjà bien.

Et vous avez fait 6 millions de spectateurs…

Christophe Gans : J’ai fait 5 millions de spectateurs en France, et beaucoup à l'étranger. Si  on voulait élargir la cible, il ne fallait surtout pas que le film ressemble au Bossu de Philippe de Broca, qui était sorti un petit peu avant, qui était un film très traditionnel, fait par un un vieux monsieur, qui a fait par ailleurs de très beaux films comme Cartouche. Mais voilà, c'était un un film un peu traditionnel et moi je me disais qu’il fallait secouer le cocotier. Il fallait y aller, quoi ! Il devait y avoir du manga, quelque chose qui venait du dessin animé. Il fallait qu’il y ait des choses issues du jeu vidéo. On allait pétrir ça, et en faire un spectacle populaire. Ça a fonctionné. Ce film est une hybridation. Le public a reçu ça dans la joie et la bonne humeur : « Waouh, ça s'adresse à nous, ça s'adresse aux gens qui aiment les comic books… » J’ai une anecdote. Les gens essayaient de trouver une affiche pour le film et n’y arrivaient pas. Chaque fois, ils montraient des affiches un peu pourries avec des loups dans un coin. Une bête pleine de dents. Je leur ai demandé s’ils n’avaient rien de mieux à me montrer.  Ils m'ont dit : « Mais qu'est-ce qu'on fait ? » Et un jour, je leur ai dit : « On fait Batman et Robin ! », « Quoi ? Pourquoi Batman et Robin ? », « Parce que ça se vendra mieux que des loups, des bêtes pleines de dents. » Et ils m'ont dit : « Mais il n’y a pas de scène comme ça… », « Alors on va en faire une ! » Donc, j'ai créé cette scène qui n'existait pas dans le script. La scène de combat sous la pluie avec les longs manteaux, qui cachent en partie le visage des deux acteurs. À l’origine, ça n’existait pas. On l'a faite pour l'affiche. Et c'est cette affiche qui était partout quand le film est sorti. C’était Batman et Robin ! Et ça a marché parce qu'il valait mieux montrer Batman et Robin que montrer des loups. Même si ça s'appelait Le Pacte des Loups.

Hannah Emily Anderson

Que deviez-vous à tout prix réussir et éviter pour Retour à Silent Hill ?

Christophe Gans : Évitez de me répéter. Je pense que c'était le gros piège de faire un sous-produit du premier film que j'avais fait. Ça aurait été extrêmement décevant pour tout le monde et à commencer par moi. Et ce qu'il fallait réussir, c'est simplement l'incarnation des du couple. Qu'on s'attache à eux parce qu'après le reste, c'est de la pure mise en scène. C'est du montage, c'est un déploiement de décor.  Parce que si on n'arrivait pas à être ému quand arrive l'euthanasie, on se dit forcément : "Tout ça pour ça…" Donc, il fallait que ça fonctionne. Il se trouve que les deux acteurs se sont très bien entendus. Merci beaucoup. Ils avaient une vie privée chacun de leur côté, mais ils se sont très bien entendus. Ils se sont vraiment très appréciés. Et je crois que ça se voit à l'écran. Il y a une espèce de truc entre eux qui fonctionne bien. Et je pense que c'est ce qu'il fallait absolument réussir en premier.

On essaye toujours de faire des  films qu'on aurait aimé voir à 12 ans.

Christophe Gans

Que dirait le petit Christophe Gans du cinéaste qu’il est devenu ?

Christophe Gans : On essaye toujours de faire des films qu'on aurait aimé voir à 12 ans. Si j’avais vu Le Pacte des Loups à 12 ans, j'aurais pété des plombs. Ça contient tout ce que j'aime, quoi. La chevalerie, la vengeance, la violence, l'érotisme. On lâche tout. Les films de Mario Bava... Tout ce que j'aime. Je fais des films que j'aurais aimé voir à 12 ans. Tous sont bâtis sur ce modèle. Voilà, parce que je me souviens de ce que je voyais quand j'avais 12 ans, 12 ans, 13 ans. Je voyais La Rage du Tigre, Le Locataire, je voyais ces films-là et c'était waouh, incroyable. Je voyais La Horde Sauvage. À l’écran, je voyais des mélanges d'émotions fortes, de mélodrame, et en même temps de violence, de folie furieuse, de trucs insensés. Où allaient-ils pêcher tout ça ? C'était le cinéma que découvrait les gamins des années 70, celui qu’on regardait. C'était un moment de transgression totale dans l'Histoire du cinéma. On voyait des films insensés, même les films français étaient insensés. Souvent les gens me disent : "Ouais, mais tu voyais des films américains ou des films chinois ?", je réponds : "Non, des films français !" Regardez ce qui sortait en 1974 : La Chair de l'orchidée, La meilleure façon de marcher, Le Trio infernal, Les Valseuses... Ce sont des films normaux ça ? C’étaient des films incroyables, des films français. Aujourd'hui, tu te tapes Chasse gardée 2 ! Bordel, rien à foutre !

Les infos sur Retour à Silent Hill

Synopsis : Lorsqu’il reçoit une mystérieuse lettre de Mary, son amour perdu, James est attiré vers Silent Hill, une ville autrefois familière, aujourd’hui engloutie par les ténèbres.En partant à sa recherche, James affronte des créatures monstrueuses et découvre une vérité terrifiante qui le poussera aux limites de la folie.

Retour à Silent Hill de Christophe Gans
avec Jeremy Irvine, Hannah Emily Anderson
Scénario : Christophe Gans, Sandra Vo-Anh, William Schneider
Photographie : Pablo Rosso
Musique : Akira Yamaoka

Durée : 01h45
Sortie le 4 février 2026
Interdit aux - de 12 ans (CNC), -12 (ARCOM)

Photos et affiches : Metropolitan Filmexport

Davis Films - Konami - Hassell Free Productions

Remerciements : Kinepolis Lomme  UGC Ciné Cité Lille, & Mensch Agency
Entretien réalisé par Grégory Marouzé le dimanche 1er février 2026 à Lomme.

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