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Alice et Versa à l’Hospice d’Havré à Tourcoing

« Alice et Versa » première ! L’événement s’est déroulé à l’Hospice d’Havré à Tourcoing dans le cadre du festival de la jeune création théâtrale « Entre Cour et Jardin ». Comment mettre des mots sur le théâtre visuel de Marie Liagre (Conception et mise en scène) et la Compagnie Atmosphère…

« Un matin, Alice (Gaëlle Fraysse), la trentaine, célibataire, réalise qu’elle s’est mise à vivre en automate. », un premier tableau qui illustre bien le temps qui s’accélère dans notre société. Réveil, musique, poudre pour le visage, brosse à dent… Alice saisit les objets les uns après les autres. Le tout est rythmé par le bruit du réveil, de la radio...

« Alice se rend ensuite au boulot en métro. » Le temps qui passe et la vitesse du métro sont symbolisés par les déplacements des trois acteurs : Alice et deux passagers dont un avec des dents de lapin ! Illusion ? Rodrigue et Nicolas se mettent dans la peau de personnages très différents… Du passager du métro au champignon en passant par la mère d’Alice ou encore la chenille pour Rodrigue et du lapin au champignon pour Nicolas… le spectateur doit faire l’effort d’accepter que la même personne se cache sous plusieurs personnages. Il semble y croire grâce au jeu des acteurs. On ne peut s’empêcher de (sou)rire lors de la scène de la mère envahissante… (autant physiquement que psychologiquement), des champignons qui pour parler se mettent la tête à l’envers, ou lorsque le lapin improvise en perdant ses dents, en démêlant des fils du décor… C’est subtil et drôle.

« C’est alors, que s’ouvre pour elle un autre monde : celui de l’intérieur… » La frontière entre l’extérieur et l’intérieur est étroite et symbolisée par l’ouverture et la fermeture de portes. A l’intérieur, la notion de temps n’est plus la même. « Prendre le temps il faut » conseillent les deux champignons. « Il est 4h. Darjeeling ! », l’heure du thé. Selon le lapin, il faut prendre du temps pour ce moment.

Le spectateur peut aussi distinguer l’intérieur de l’extérieur grâce au décor. Une grande arche couverte d’une toile tendue avance et recule. La lumière de Sylvain Liagre et la musique de Maxence Vandevelde composée spécialement pour cette pièce sont aussi importantes dans cette démarche.

A la fin de la pièce, certains se posent des questions sur la notion de temps, d’autres ont envie de relire « Alice au pays des merveilles »… Cette création provoque des réactions qui varient selon la lecture du spectateur.

[ Les photos ont été prises lors du filage technique.]

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