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Sam Sauvage + Raimundaaaaaa au Grand Mix

Dans le Nord, on le sait on aime la fête. Et qui dit fête dit souvent moments accompagnés de danse, et ça les gens qui dansent il y en a un qui adore ça. Quoi de plus normal donc que de traîner nos baskets à la rencontre de Sam Sauvage, de passage ce soir du côté du Grand Mix.

Dès les abords de la salle tourquennoise, des hordes de chemises cravate (tenue fétiche de l'artiste du soir) affluent dans le couloir menant à la grande scène. Pas de doutes, nous sommes au bon endroit. Mais avant de s'encanailler avec Sam Sauvage, place au mystérieux Raimundaaaaaa.

Raimundaaaaaa, une expérience musicale complètement délurée

Pseudonyme en hommage à sa grand-mère, Alexis à l'état civil, démarre en interprétant en musique une sorte de présentation de sa jeune carrière. Dès lors, tout le set va être du même acabit, entre électro primaire et compositions que n'auraient pas reniées un certain Philippe Katerine. Et de l'électro primaire aux chansons primeur il n'y a qu'un pas, Raimundaaaaaa profitant de la soirée pour clamer son amour pour la salade, juste après avoir célébré les "petites vaches" qui dansent du côté de la vallée de Chevreuse.

Après avoir en quelque sorte conté Florette, le fantaisiste, au sens noble du terme, nous partage également sa manière de conter fleurette et les déboires qui s'en suivent. Une expérience musicale complètement délurée que ces 40 minutes, oscillant entre électro, déclamations à la Feu! Chatterton sur fond de techno en passant par une reprise inattendue de...Tata Yoyo ! Le public aura dans tous les cas offert un accueil des plus chaleureux à Raimundaaaaaa jusqu'à l'ultime Je dansais et ses intonations de boîte de nuit 90s.

Sam Sauvage, du talent à revendre

On l'aura compris, la danse sera décidément le fil rouge de la soirée. Et l'on ne croit pas si bien dire, puisqu'après un rapide changement de plateau, sonnent les premières notes du hit de Sam Sauvage. Ainsi, quoi de mieux que d'haranguer les gens à danser pour les emmener avec soi ? Tellement enthousiaste, le leader manque d'ailleurs d'envoyer son micro sur le premier rang. Ca part déjà dans tous les sens, et il n'est que 21h13.

Le sourire jusqu'aux oreilles, le régional de l'étape est ravi d'être ce soir, comme il le dit si bien, dans "son Nord" et il compte bien faire bouillir le volcan tourquennois qui ne demande qu'à exploser. Avec une pointe d'ironie, il prévient néanmoins : "Vous étiez venus pour faire la fête ? C'est raté", référence faite à la mélancolie dominatrice de l'album récemment auréolé d'une Victoire de la Musique.

Fort heureusement, ce n'est qu'une boutade et Sam Sauvage va nous attraper par le col (de chemise) durant plus d'une heure et demie pour ne plus jamais nous lâcher. Avec sa pop aux accents eighties lovée dans de sublimes lumières fushia, le tryptique Les Ames sensibles / Ne t'en fais pas pour elle / J'suis pas bo fonctionne parfaitement sur ce Grand Mix qui fait salle comble. S'il n'est peut-être pas beau, aucun doute sur le fait que du talent, cet homme-là en a à revendre.

Sam Sauvage, véritable poète funambule

Si besoin d'une preuve supplémentaire, l'enchaînement Mon grand-père à moi (dédié comme son nom l'indique au patriarche) et surtout Les Romantiques, où accompagné d'un simple piano le timbre grave du protégé de Clara Luciani prend toute sa puissance, souligne cette capacité à passer du rire aux larmes tel un véritable poète funambule. Un moment qui cueille toute l'assemblée et dont il faudra une pirouette humoristique du principal intéressé pour nous faire revenir à la fête tant cette parenthèse nous aura fabuleusement transportée.

Après avoir vu des femmes pleuvoir sur la Grand-Place, on repart dans la danse via le taxi d'Ali [qui] roule de nuit, on s'arrête boire des coups en essayant de finir Pas bourré, avant d'arriver doucement aux abords de Boulogne. Déclamée du plus profond de ses tripes par le chanteur, cette ode à la Cité Marine résonne plus largement comme une déclaration d'amour à sa région natale, aussi taiseuse que sublime.

Le set approchant doucement de sa fin, la marée électro est toujours aussi montante lorsque le sieur Sauvage, le cheveu encore plus hirsute quand début de soirée, envoie un Je ne t'aime plus qui finira de convaincre les derniers éventuels récalcitrants. Entrecoupé d'un malaise dans les premiers rangs heureusement sans gravité, l'artiste en profite pour, entre quelques anecdotes sur la folie douce du public belge, faire répéter le refrain à l'assistance. De quoi donner une version encore plus incandescente et sûrement inoubliable. Un moment intense comme seul le live peut nous en offrir.

Sam Sauvage sait définitivement nous transporter

Pas de doutes, il fait très chaud ce soir (la scène précitée l'attestant) et la rythmique ultra tendance de cet Avis de Tempête finira de retourner littéralement le Grand Mix. Le temps d'un changement de costume (on passe du gris au bleu canard) pour l'ami Sam que vient déjà l'heure des rappels.

Et à nouveau, le chanteur nous laisse bouche bée avec ce Cri dans le métro où, osons le terme, on retrouve des accents breliens aussi bien dans les paroles que l'interprétation du désespoir de ce SDF imaginé. De quoi affirmer que Sam Sauvage sait, malgré son jeune âge, définitivement nous transporter comme s'il avait vécu mille vies.

C'est dire s'il  est difficile d'accepter que le set doit se conclure et rien de tel qu'un dernier shot dansant pour célébrer La fin du Monde ou la fin d'un set navigant avec une parfaite justesse entre fête et poésie. Alors pour vivre cette expérience, rendez-vous à l'Aéronef le 3 novembre prochain pour le retour de Sam Sauvage sur ses terres.

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