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Anna von Hausswolff + Fantôme Josepha au club de l’Aéronef de Lille

Il y a des soirs d’hiver où le froid semble préparer le terrain à autre chose. Ce 2 février 2026, dans le club quasiment complet de L’Aéronef, c’est une plongée dans des territoires sonores parallèles qui nous attendait : Anna von Hausswolff + Fantôme Josepha, deux propositions radicales, deux manières d’habiter la scène, pour une même intensité.

Anna von Hausswolff et Fantôme Josepha à Lille : intensité sans concession

D’un côté, l’étrangeté magnétique de Fantôme Josepha ; de l’autre, la ferveur quasi liturgique d’Anna von Hausswolff. Une affiche pleine de promesses.

Fantôme Josepha : la nuit en clair obscur

Fantôme Josepha arrivent sans fracas, presque dissimulés derrière leurs machines. Claviers massifs, câbles enchevêtrés, synthés prêts à cracher leurs nappes troubles : le décor est planté. Très vite, le duo messin installe un climat instable, quelque part entre cold wave rêche, folklore médiéval halluciné et pulsations industrielles. Josepha porte un t-shirt Diamanda Galas, ça donne déjà une petite idée.

Les textures s’empilent, grincent, se déforment. Un instrument surgit, spectral, avant d’être avalé par des synthés qui vrillent comme des spirales souterraines. Les voix ensuite, criées, scandées, presque incantatoires, viennent trancher la matière sonore. Le public hésite, observe, se laisse gagner assez rapidement. Certains ferment les yeux, d’autres esquissent des mouvements maladroits, happés malgré eux par cette bizarrerie organique.

Anna von Hausswolff : du souterrain au sacré, et inversement

Changement d’échelle, mais pas d’intensité. Quand Anna von Hausswolff entre en scène avec ses musicien·nes, l’espace semble soudain trop étroit pour contenir ce qui va s’y déployer. Autour d’elle, clavier, saxophone, guitares réverbérées, percussions profondes : un chantier sonore prêt à s’embraser. La tournée fait le tour de salles assez petites, ce qui semble presque surprenant mais est une bonne surprise pour observer tout le monde jouer.

Dès les premières notes, la tension s’installe. Les morceaux issus d'Iconoclasts forment l’ossature du set (six morceaux s'enchaînent), oscillant entre rock down-tempo, élans quasi tribaux et longues nappes d’orgue qui vibrent dans la cage thoracique. Sa voix, ample et lumineuse, traverse les couches instrumentales avec une force tranquille.

Les moments les plus minimalistes suspendent le temps. Puis viennent les montées, lentes, inéluctables, jusqu’à l’explosion cathartique. L'outro de "Ugly and Vengeful" s'étire de manière très énergique, prend clairement une autre dimension en live. On pense parfois à une cérémonie païenne, parfois à un concert de post-metal ralenti, parfois à une messe pop habitée. Là où on aurait pu s'attendre à une scène plongée dans le noir, les lumières colorées s'additionnent et teintent la scène de bleu, vert et rouge, dans des contrastes magnifiques. Anna présente les musicien·nes avant de préciser qu'iels vont jouer une chanson "pour les fans hardcore du coin". "Funeral for My Future Children" démarre, et s'enchaîne sans pause sur "Struggle With the Beas"t qui conclut le set. Soyons francs, il y a bien quelques flottements, de légers ajustements techniques, mais ils ne brisent jamais l’élan. Les bras se lèvent, les regards se perdent, la salle entière semble respirer au même rythme.

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