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Main Square Festival 2026 – Jour 3

Le dimanche s'annonce radieux au Main Square Festival 2026. Pour cette dernière journée, la programmation ose plus que jamais le mélange des genres, faisant cohabiter pop, rock, soul, rap, metalcore et electro. Une diversité musicale qui accompagne parfaitement les derniers instants de cette 20ᵉ édition, avant un final grandiose signé Twenty One Pilots.

Une dernière journée éclectique au Main Square Festival 2026

À peine entrés dans la Citadelle et déjà l’énergie du duo Voilà réveille les oreilles sur la Main Stage. Leur rock énergique est taillé pour faire bouger les corps échauffer des festivaliers prêts à profiter à fond de leur journée. Dans un genre différent mais tout aussi entrainant, la scène Vauban s’éveille ensuite avec le rappeur supermodel* dont l’univers tinté d’accents electro voire d’énergie punk rappelle un peu LCD Soundsystem ou Fatboy Slim. Puis c’est au tour du crooner Don West d’enchainer et de faire à son tour changer l’ambiance à grand renfort de voix suave et de musique jazzy, aguicheuse et qui aurait parfaitement sa place dans un film romantique.

Côté Main Stage, nous sommes passés du rock de Balu Brigada à la pop de Reneé Rapp, chanteuse ascendant actrice qui est probablement plus connue en France pour son travail à l’écran. Or, la jeune artiste prouve qu’elle est parfaitement taillée pour la scène avec sa pop/r’n’b entrainante et aux paroles bien moins rose bonbon qu’il n’y parait. Après la découverte Reneé Rapp, on décide de terminer notre après-midi auprès d’une autre artiste féminine, mais que l’on connait bien cette fois et, surtout, qu’on est ravis de retrouver sur le devant de la scène. Sur la scène Vauban, la chanteuse Zaho (que l’on a adoré ado) oscille astucieusement entre tubes incontournables (« C’est chelou », « Kif’n’dir »…), repris sans difficulté par le public, et sorties récentes vouées à le devenir elles-aussi, avec un moment tout à fait spécial partagé sur scène avec MC Solaar pour le titre « Comme Caroline ».

La soirée commence à peine lorsque le trio Vald, Vladimir Cauchemar et Todiefor s’empare de la Main Stage et on sent tout à coup que la température monte d’un cran sur Arras. Le monde s’amasse au cœur de la Citadelle, les pogos ne tardent pas : un joyeux bordel s’ensuit, les cervicales et les tympans en prennent un coup – pour le plus grand bonheur des festivaliers semble-t-il ! Un set d’un peu plus d’une heure qui ne laisse pas de temps mort, et c’est pour ce genre de moments qu’on aime les festivals : un brassage de genres et de personnes qui se retrouvent pour un moment de joie partagée.

Le Bastion confirme son statut de scène des découvertes

De retour le dimanche dans le quartier du Bastion pour une programmation à l’énergie renouvelée. Quelques minutes après avoir remis les pieds dans la Citadelle, le duo Jeannette & Maj fait bouger la foule comme un samedi soir. La prog de ce dimanche après-midi est plus espacée, ce qui n’est pas plus mal car cela permet de mieux profiter de ce que chaque scène a offrir. En fin d’après-midi, c’est un changement radical d’esthétique qui nous ramène vers le Bastion : le groupe AĦNA voit débarquer un faux-air de Hellfest à Arras, moshpit et screams inclus. Mention spéciale à la reprise de « Left Outside Alone » de la popstar américaine Anastacia version metalcore : une agréable rencontre des genres ! Une nouvelle pause, puis le duo electro Ours Samplus prend place à son tour pour une nouvelle fête dont le Bastion semble avoir le secret. Puis la scène accueillera en clôture MDNS et son punk rock énergique, tout droit sorti de la scène alternative lilloise. Une excellente mise en jambes pour le dernier show du festival qui attend la foule sur la Main Stage.

L’apothéose Twenty One Pilots

Le duo américain a choisi le Main Square Festival 2026 pour son unique date en France : une troisième visite à Arras pour le groupe qui avait marqué la reprise après Covid. Un passage d’autant plus attendu par les fans alors qu’après huit albums en une quinzaine d’année d’activité, Twenty One Pilots annonce un hiatus de quelques années. Rien de tel pour motiver les troupes et pousser certains à élire domicile aux portes de la Citadelle dès la nuit du samedi au dimanche, puis devant les crash barrières dès l’ouverture au public. Une stratégie qui peut interroger dans un festival fait pour brasser énormément de monde et des styles musicaux variés, mais qui n’étonne guère face à l’engouement que peut susciter le groupe partout où il passe. Mais le show était-il à hauteur des attentes ?

Déjà compacte depuis le set enragé de Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor, la foule devant la Main Stage grandit de minute en minute. On parvient à se frayer un chemin à proximité de la chapelle pour pouvoir profiter à distance de la fin du show de Perceval sur la scène Vauban, mais l’exercice est déjà difficile – les festivaliers ayant à juste titre voulu profiter de l’entièreté des concerts proposés au Bastion ou à Vauban seront obligés de rester au loin tant l’esplanade est noire de monde. Heureusement pour eux (spoiler), Twenty One Pilots n’est pas du genre à s’en tenir à la seule scène…

À 22h45 précises, le noir complet envahit le cœur du festival. Un magnéto est lancé, les rangs se resserrent encore davantage et les téléphones s’élèvent inévitablement vers la scène. La lumière s’allume sur Josh Dun, le batteur survolté qui occupe seul l’espace rougeoyant de la scène avant d’être rejoint, quelques cris plus tard, par un bondissant Tyler Joseph qui, masqué, enjambe le piano tel un diable hors de sa boîte, et lance les premières mesures de « Overcompensate ». Dès lors, le groupe lance un show où jeux de lumières, fumées et vidéos donnent vie aux allégories interprétées par le chanteur d’un morceau à l’autre. La setlist fait en premier lieu la part belle aux titres du dernier album Breach (« The Contract », « Centre Mass », « One Way »…), sorti l’an passé, qui vient lui-même clore un cycle narratif commencé dix ans plus tôt avec Blurryface. Ces deux albums seront les plus représentés ce soir, comme un jeu de miroirs qui vient raconter le groupe dans ses facettes les plus significatives.

Le duo est joueur et aime faire de l’entièreté du festival son terrain de jeu. Il égraine les titres et les interactions un public plus que jamais conquis. Une sortie surf sur les premiers rangs ? Évidemment (« The Contract »). Un solo de batterie en altitude ? Même pas peur du vide (« Drum show », « RAWFEAR »). Un bain de foule jusqu’au cœur de la Citadelle ? Une proximité inattendue pour les fans éloignés (« Ride »). Les morceaux originaux sont recoupés, calibrés, distendus aux besoins du show qui monte en puissance de minute en minute, et parfois ponctués de courtes reprises surprenantes (le tube « Believe » de Cher, par exemple, fait une apparition surprise).

La seconde moitié du set est dense en tubes dont le très radiogénique « Stressed Out » qui annonce la conclusion prochaine d’un show surpuissant. Après un (très) court retour au calme et une promesse de la foule de les accueillir à nouveau à Arras dans le futur, Twenty One Pilots termine son passage au Main Square Festival 2026 avec l’incontournable et nostalgique « Trees », immédiatement repris en chœur par les fans. Le duo finit le morceau en surfant une dernière fois sur la foule avant de dire au revoir pour de bon et de clore officiellement cette 20e édition du Main Square Festival.

Il faudra quelques minutes au public pour se retourner et se résoudre à quitter les lieux. La horde de festivaliers souriants, épuisés, peut-être même un peu secoués par le spectacle intégral venant de se dérouler sous leurs yeux, se dirige doucement vers la sortie. Après un tel final, il nous faudra quelques heures (jours) pour nous remettre de nos émotions.

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