Dès les premières notes jouées par Léoparleur, les spectateurs se rapprochent timidement de la scène. Le groupe nous fait d’emblée entrer dans son univers aux rythmes de leurs sonorités andalouses. Joseph au chant et à la guitare incite le public à avancer près de la scène. A voir chanter et danser Maya (aux castagnettes, à la clarinette, au saxophone…), les gens se mettent à bouger. Joseph saute sur l’occasion et fait chanter au public « La Fanfare du Grand Lustucru ». Les voix de Joseph et Maya se mélangent avec douceur, avec folie… Simon, le frère de Joseph pousse aussi la chansonnette avec « J’ai l’cafard ». Malgré ce titre, l’esprit festif reprend très vite le dessus. Léoparleur tourne beaucoup à l’étranger (Belgique, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Pays de l’Est, Suisse, Québec…). Joseph avoue que le groupe est heureux de jouer en France. Ces cinq strabourgeois nous disent « Adieux » en chanson.
Avant le concert de Magyd Cherfi, les spectateurs se dispersent en partie à cause de l’interdiction de fumer. Il est possible de sortir en échange d’une petite marque apposée sur la main (ou le front) ! Le système fonctionne.
Comme il l’avait dit dans l’interview qu’il nous a accordée, Magyd Cherfi est au rendez-vous de « Roubaix à l’accordéon ». Dès la première chanson, il met l’ambiance avec des petits pas de danse qui plaisent beaucoup au public. Il dédie cette soirée à son accordéoniste, thème du festival oblige. Il a en plus un nom qui n’est pas une blague en ce lieu… Il s’appelle Pierre Emmanuel Roubet. Magyd fait monter la température d’un cran avec « Ma femme et mes enfants d’abord ». Il enlève sa veste et dévoile le T-shirt d’Origines contrôlées dont Mouss et Hakim ( de Zebda) font partie.
Assis sur une chaise comme chez lui, il interprète « l’Oncle d’Amérique ». Magyd ne peut s’empêcher de parler de sa mère, de son enfance, de ses réflexions…
Les musiciens changent de place. Magyd vérifie : « Sébastien, tu es passé sur ma gauche et Cyril, tu es passé sur ma … Il y a des mots que je ne prononce plus depuis le mois de mai… »
Petit voyage culturel en chanson orientale sous des lumières rouges. Une jeune fille du public pousse un youyou. Elle manifeste sa joie d’être là. Magyd l’invite à danser sur la scène mais la timidité l’en empêche. Elle préfère entamer une valse avec son voisin sur la chanson suivante. D’autres duos font de même. L’ambiance est à la fête même avec les morceaux « les chaises qui volent » et « Scène de ménage ». Magyd et ses musiciens avec qui il a une réelle complicité sur scène sont fortement rappelés par le public. Ils reviennent pour chanter et jouer « Y’a toujours un connard pour sauver la France ». Ils font retomber lentement cette belle agitation avec « Place de France » et laisse la place aux Petites Bourrettes…
Un nom qui leur va bien ce soir. « Petites bourrettes » en argot renvoie aux personnes qui, une fois saoules, savent conserver leur bonne humeur… Des problèmes techniques empêchent le groupe de jouer comme d’habitude. Les fans sont déçus et trouvent ce moment regrettable pour le batteur dont c’est le dernier concert avant un voyage de deux ans en Afrique. Dommage. A revoir dans de meilleures conditions car d’habitude ils assurent.
