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Toute ma vie, j’ai fait des choses que je savais pas faire au Théâtre du Nord

Pour clôturer la saison, le directeur du Théâtre du Nord présente du 7 au 24 juin Toute ma vie, j’ai fait des choses que je savais pas faire. Ce monologue commandé par Christophe Rauck, a été écrit par Rémi De Vos, auteur associé au Théâtre du Nord. Il s’agit de l’histoire d’un gars qui boit une bière dans un bar et se fait agresser par un homme. La pièce a déjà été présentée en 2016 au Festival OFF d’Avignon.

C’est dans la petite salle du Théâtre du Nord que se déroule le spectacle. Avant même que la pièce ne commence, la comédienne Juliette Plumecocq-Mech est allongée au sol et sa silhouette est tracée à la craie comme si il s’agissait d’un meurtre. Elle évolue dans un espace réduit. Au fond de scène, un écran blanc marque également la silhouette de l’actrice lorsque l’éclairage est faible. Une chaise est couchée au sol ce qui exacerbe la violence dont a pu souffrir le personnage. Celui-ci est victime d’homophobie et durant quarante cinq minutes il relate ce qui lui est arrivé, ses frayeurs, ses pensées, ses angoisses au moment de l’agression qui n’a sans doute duré que quelques minutes.

Pendant toute la pièce, Juliette Plumecocq-Mech livre une performance au sol. Elle démarre entièrement allongée, puis au fil du spectacle, elle finit à genoux. Ce n’est qu’au salut qu’elle se relève. Comme si le spectacle entier n’était que le remake ralenti de sa chute provoquée par l’agresseur. Il y a donc dans cette pièce la véritable intention de distordre et dilater le temps de l’agression.

L’histoire raconte celle d’un homme et pourtant Christophe Rauck prend le parti de donner le rôle phare à une femme. En effet, Juliette Plumecocq-Mech est androgyne avec une voix grave et chaude. Elle incarne le rôle avec beaucoup de présence. Bien que le texte répète l’angoisse qu’a pu vivre la victime, il questionne au fond la faiblesse humaine avec beaucoup d’humour. Qui est le plus faible dans l’histoire ? La victime qui n’a pas osé se défendre ? L’agresseur qui solutionne sa propre souffrance par la violence ? Ou le patron du bar qui assiste à la scène sans rien faire ? Même si le sujet de la pièce est pesant, Rémi De Vos amène le public à voir la situation au second degré. Alors que le texte est très drôle, le regard de la comédienne est magnétique car il traduit toute la solitude et la crainte ressenties au moment du drame.

Ainsi, le Théâtre du Nord finit la saison en beauté avec Toute ma vie, j’ai fait des choses que je savais pas faire une pièce interrogeant la vulnérabilité humaine.

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