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Le Quatuor au Théâtre Sébastopol

En ce vendredi soir quelque peu pluvieux, c'est au Théâtre Sébastopol que les quatre amis du Quatuor ont posé leurs étuis. Le Quatuor est une institution pour ceux qui les ont déjà croisés au détour d'un film (La Belle Verte de Coline Serreau) ou d'un spectacle (Sur la corde rêve, Corps à cordes, Danseurs de cordes). Et c'est devant un parterre quasiment plein que les compères s'apprêtent à nous offrir leur Bouquet Final.

Réunis en 1980, soit il y a plus de 30 ans, Jean-Claude Camors (Violon), Laurent Vercambre (Violon), Pierre Ganem (Alto) et Jean-Yves Lacombe (Violoncelle, Contrebasse), nous enchantent avec leurs spectacles raffinés mêlant musique, chant et danse. Une prestation complète et qui n'a rien à envier aux comédies musicales et autres spectacles dansant que l'on peut voir fleurir un peu partout. L'atout principal de ce quatuor, qui a choisi de s'appeler simplement "Le Quatuor" afin de contrer les autres formations à quatre musiciens aux noms spécifiques, est et restera l'humour. Chaque numéro est l'occasion de faire sourire ou rire à gorge déployée le public. Alors pour ce dernier opus, l'envie de faire une compilation des meilleurs moments depuis le début aurait été trop facile. Alain Sachs, le metteur en scène, et les protagonistes ont préféré, certes reprendre des morceaux déjà vus, mais en les retravaillant. Ainsi, le spectateur connaisseur s’enthousiasme de ce qu'il attend tout en restant surpris par les petites nouveautés.

On redécouvre donc avec joie les Quatre saisons de Vivaldi où le "moderne" (Les Feuilles Mortes de Montand, Summertime de Porgy & Bess, Vive le vent, ...) se mêle au classique, des extraits de West Side Story, le sketch de la leçon de musique n°4 ou de la leçon de chant, véritable prouesse vocale. Ou encore celui des palmes, hilarant ! Le classique On The Road Again de Canned Heart où tous se rassemblent autour du violoncelle. On salue également le passage des musiques religieuses, qui vous arrachent quelques frissons, le fameux "Meuh Meuh je suis une vache..." et le tout nouveau "ambiance far west", où le feu de camp se dispute la vedette avec Dolly Parton et Johnny Cash. Bien sur, on ne peut manquer le karaoké, destiné à faire participer un public aux anges. Au menu des reprises de La Bohème d'Aznavour, Dès que le vent soufflera de Renaud, Salade de fruit chantée à l'origine par Bourvil et surtout le mythique Thriller de Michael Jackson, pur moment de bonheur. Le temps passe à une vitesse folle, et le public réserve plusieurs standing ovation (allant même jusqu'à faire vibrer le sol à force de taper du pied) au groupe qui ne boude pas son plaisir.

Le dernier morceau "For No One" des Beatles résonne encore doucement dans nos cœurs lorsque les lumières se rallument. Et c'est avec une pointe de nostalgie, de tristesse et un sentiment d'adieu que les derniers applaudissements se font entendre. Car assurément, on aimerait qu'ils nous enchantent et nous amusent pendant des années encore. Mais après une carrière extrêmement riche et fournie, il est temps pour eux de raccrocher leurs archers et de se consacrer à d'autres projets.

Il est difficile de décrire Le Quatuor car c'est avant tout un spectacle à vivre, à aimer, pour rire, frissonner ou avoir les larmes aux yeux. On ressort de là le cœur léger et le sourire aux lèvres d'avoir être charmés par ces lutins musicaux, véritables showmen.

 

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