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Arctic Monkeys + Miles Kane au Zénith de Lille
Mercredi 01 Février 2012
Review : Cinnamon + Delphine Van Brackel
 
2 photos
 
 
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Beaucoup de monde se presse aux entrées du Zénith en ce mardi soir. Certes le froid polaire qui s’est abattu sur le Nord de la France depuis quelques jours est difficilement supportable, mais l’affiche est alléchante. En entrant et nous plaçant, couardes, dans les gradins, afin de bénéficier d'une bonne visibilité, on pense aux courageux qui ont fait la queue par ces conditions climatiques. L'idée : se retrouver plus près de la barrière afin de profiter au mieux de deux projets britanniques qui affolent les amateurs du genre depuis quelques années. D’un coté, les Arctic Monkeys, emportés par le charismatique Alex Turner, et de l’autre son meilleur ami Miles Kane. Tous les deux Anglais, le premier de Sheffield et le second de Meols. Et surtout tous les deux capables d’enflammer une salle et de faire danser les gens de tout âge. Si la foule en bas est déjà "au taquet", sur les sièges ça s'agite aussi. Ca promet.

A peine 20h ont sonné  que les lumières s’éteignent et Miles Kane et ses musiciens se présentent sur la scène. Est-il encore besoin de présenter Miles Kane ? Leader du groupe The Rascals, Miles a ensuite créé The Last Shadows Puppets avec Alex Turner. Nulle surprise, donc, de voir le premier en première partie du groupe du second. La qualité, elle, est suppose-t-on au rendez-vous. A l’écoute de son album Colour of the Trap on peut juste craindre que le live serait peut être un peu "mou", et manquant de punch. Néanmoins, Miles en est à son troisième passage dans la région en moins d'un an (à la Gare Saint-Sauveur  et au Festival des Inrocks), et jusque là nous n'avons pas été déçus. Deux minutes plus tard, nous comprenons bien que la mollesse n'est pas vraiment à l'ordre du jour. 

Miles, encadré d’excellents musiciens, nous entraîne dans son univers rock 60s pêchu à souhait. Et force est de constater que le live a subi une très agréable amélioration. Du timide jeune homme de ses débuts, il ne reste rien. Enjoué, souriant, charmeur, il aime à séduire son public, pointant du doigt à l'occasion quelque quidam en lui chantant des mots doux droit dans les yeux. Parade visiblement toujours efficace. De Counting Down The Days à Telepathy les morceaux s’enchaînent. Le seul véritable reproche en juin concernait le manque de changements dans les morceaux, trop proches des versions studio. Mais une tournée au Royaume-Uni en première partie de Kasabian est passée par là et le résultat est épatant : Miles a beaucoup appris de la difficulté d'ouvrir un concert en face d'un public pas toujours là pour lui et a pioché quelques "trucs" scéniques. Le set de Miles Kane est doté d'une introduction et surtout les morceaux évoluent petit à petit. A présent, l’excellent Kingcrawler bénéficie d’un traitement bien différent, et des passages musicaux se sont déjà rajouté depuis décembre. Après My Fantasy, Miles nous annonce un nouveau titre appelé The First of My Kind qui s’inscrit dans la même veine que Take the Night from Me. Ensuite vient Inhaler et Miles annonce une "love song", qui n’est autre que Come Closer. Le set se conclut ainsi de manière extatique.

Les lumières se rallument le temps du changement de matériel. On entend un peu de tout pendant l'entracte, notamment du Jacques Dutronc, histoire de se rappeler au passage l'origine française de The Responsible, que reprend Miles depuis plusieurs mois. L’ambiance déjà vibrante devient carrément l’électrique, il y a un moment que le Zénith n’avait pas connu ça ! Une véritable ovation débute au moment où les lumières se baissent. Le public tape des mains, et des pieds sur les gradins comme la tradition le veut. Dans ce vacarme organisé, trois musiciens de Arctic Monkeys apparaissent, suivis par Alex Turner, qui semble avoir avalé un Stray Cats. Très looké, arborant blouson de cuir et cheveux gominés, il fait instantanément penser au rockabilly. Musicalement, l'idée n'est pas la même, pas de contrebasse jouée en slap puisqu'ils interprètent Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair, faisant réagir le public au quart de tour. Les pogos s’enchaînent et des slammers font leur apparition. Le son de la salle laisse lui à désirer mais s’améliore heureusement au fil du set. Des morceaux de leurs quatre albums se succèdent. De Suck It & See (excellent album sorti en 2011) on peut ainsi découvrir Library Pictures, puis The View from the Afternoon mais également entendre le jouissif I Bet You Look Good On The Dancefloor, issu de leur premier opus Whatever People Say I Am, That's What I'm Not. Comme couramment en ce moment, Miles Kane rejoint son complice de longue date pour la face b Little Illusion Machine (Wirral Riddler), allumant un peu plus l’enthousiasme du public chaud comme la braise.

Si le titre est initialement de Miles Kane and the Death Ramps, il ne fait pas tache dans la setlist. Dans leur dernier album, les Arctic Monkeys ont laissé leurs influences rock blues s'exprimer un peu plus, leur style se rapprochant parfois de celui de Miles Kane. La première partie s’achève sur When the Sun Goes Down. Dans l’attente du rappel l’audience finit d’exploser : c’est à celui qui fera le plus de bruit, tapant des pieds et des mains en scandant "Encore ! Encore !". Trois morceaux font office de rappel : Suck It and See, Fluorescent Adolescent et surtout l’excellent 505, Miles Kane se joignant une dernière fois au reste du groupe et prenant la place d’Alex Turner à la guitare. La soirée se finit sur cette triste chanson d’amour jouée d’une main de maître par les six compères. Le temps est passé beaucoup trop vite, et l’on se surprend en ressortant à chantonner un air ou deux de la soirée. Cependant, si le charisme des membres des Arctic n’est pas à contester, on peut regretter que certains morceaux soient encore un peu brouillon. On ne leur en veut pas tellement, le groupe ayant nettement progressé en quelques années et prenant visiblement beaucoup de plaisir à jouer qu'en 2007 au même endroit. Au 99ème concert de leur tournée actuelle, ils ont affiché un grand sourire, s'adressant à la foule lilloise avec joie. Respect, donc.

Notez au passage que le live à l'Olympia du 3 février a été filmé, diffusé en direct sur Arte Live Web. Il sera très prochainement disponible en intégralité en replay en suivant ce lien : http://liveweb.arte.tv/fr/video/Arctic_Monkeys_a_L_Olympia/

Suivez l'actualité de Miles Kane : https://www.mileskane.com/,
Arctic Monkeys : http://arcticmonkeys.com/,
et des The Last Shadow Puppets : http://thelastshadowpuppets.com/.

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  Commentaires :


   
par Anez 09/02/2012 - 04:02:52
Excellente review qui retrace très bien l'ambiance de la salle!
faisant partie des courageux un peu à attendre dans le froid en ce mercredi glacial..je peux dire que la barrière en valait la peine, après l'Olympia qui fut terrible et orgasmique, Lille reste le second meilleur concert de cette tourné

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