Le visage, la voix ou le nom de tel ou tel musicien ne vous est pas inconnu ? Il joue peut-être dans un autre groupe. Cette pratique courante n’est pas récente. Déjà à la fin des années 1960, le terme « Super-Groupe » désignait ces formations Rock composées de musiciens ayant déjà acquis une certaine renommée avec un ou plusieurs autres groupes. Retrouvez quelques exemples célèbres. Dans la région, des musiciens jouent aussi dans des formations de styles différents. Découvrez à travers une interview croisée, les expériences des deux frères Guillaume et Rémy qui jouent dans Groovebuster Band, Spunyboy & The Switchers et Orchicagoz, puis de Dj Stamiff qui participent aux projets des Enfants 2la Basse, de Maymun, Norap, Beat Scraper et Paranoyan. Pourquoi ont-ils besoin de multiplier d’intégrer plusieurs groupes et comment ils s’organisent…
Les pouvoirs des Supers-Groupes et des side-projects
Le visage, la voix ou le nom de tel ou tel musicien ne vous est pas inconnu ? Il joue peut-être dans un autre groupe. Cette pratique courante n’est pas récente. Déjà à la fin des années 1960, le terme « Super-Groupe » désignait ces formations Rock composées de musiciens ayant déjà acquis une certaine renommée avec un ou plusieurs autres groupes.
En 2006, la chaîne américaine VH1 s’est même emparée du concept pour diffuser une émission de télé réalité intitulée tout simplement « SuperGroup ». Cinq Rock Stars expérimentés se rendaient à Las Vegas pour former un groupe de Rock. Aucun d’eux ne savait à l’avance qui seraient les autres membres du groupe.
Ce sera finalement Sebastian Bach de Skid Row au chant ; Ted Nugent de Motor City Madman à la guitare ; Scott Ian d’Anthrax à la guitare ; Evan Seinfeld de Biohazard à la basse ; et à la batterie Jason Bonham, fils de John Bonham, batteur de Led Zeppelin. Leur objectif en tout juste 12 jours est de créer leurs propres compositions et monter un véritable show. Ils choisissent comme nom de projet Damnocracy.
Ce genre de formations éphémères apparait dès les années 60 avec entre beaucoup, beaucoup d’autres… The Dirty Mac (1968). Créé aussi à l’occasion d’une émission, The Rock and Roll Circus, le groupe se compose de John Lennon des Beatles au chant et à la guitare ; Eric Clapton (à gauche sur le visuel du dossier) de Cream à la guitare ; Keith Richards (à droite sur le visuel du dossier) des Rolling Stones à la basse ; Mitch Mitchell de Jimi Hendrix Experience à la batterie. Enregistrée en 1968, l’émission ne sera jamais diffusée. Leur morceau « Yer Blues » parait sur le White Album des Beatles :
Ces types de projets aujourd’hui prennent de l’ampleur et deviennent des side projects à part entière. Entre autres, le groupe Pop Rock anglais The Last Shadow Puppets voit le jour en 2008. Le duo est formé d’Alex Turner, chanteur, guitariste et compositeur des Arctic Monkeys et de Miles Kane, chanteur, guitariste et compositeur de The Rascals. Ils ont sorti un seul album « The Age Of The Understatement » pour le moment. Mais Arctic Monkeys prépare son troisième album.
Ce n’est pas le seul membre des Arctic Monkeys à travailler sur un autre projet. Matt Helders et Andy Nicholson, respectivement batteur et ex-bassiste des Arctic Monkeys, entourés de Jon McClure et Joe Moskow des Reverend and the Makers, Drew McConnell, guitariste des Babyshambles, le MC anglais Lowkey, ont monté le super-groupe Mongrel qui signifie « bâtard » en français. Ils ont sorti un premier album « Better Than Heavy » dans lequel ils passent du Rock au Hip Hop en passant par l’Electro, la Pop.
The Menace de Mongrel :
De multiples raisons peuvent expliquer que ces artistes travaillent sur plusieurs projets en même temps. On peut penser d’abord à la difficulté de vendre des disques aujourd’hui, surtout en période de crise. Toujours le même refrain pour le moment. Le fait de partager sa notoriété et son talent se révèle être un moyen de faire face aux ventes de disques difficiles et de durer dans ce milieu pour prolonger leur carrière. La musique tourne à une telle vitesse aujourd’hui que ça leur permet de rester toujours dans ce tourbillon musical… Mais c’est aussi un délire de potes tout simplement.
Originaires de la région, ils font eux aussi partie de plusieurs groupes et nous en parlent
Le duo belge composé des frères Stephen et David Dewaele, s’est fait remarquer pour avoir fondé 2 Many DJ’s et le groupe d’Electro-Rock Soulwax. Dans le Nord-Pas-de-Calais aussi, un duo de frères fait partie des même groupes : Guillaume et Rémy Abdul de Groovebuster Band [Soul / R’N’B’ / Blues], de Spunyboy & The Switchers [Rockabilly / Blues] et Orchicagoz [Funk / R’N’B’ / Soul]. Dj Stamiff fait lui partie de 3 voir 4 ou 5 projets différents : Enfants 2la Basse [Hip Hop / Drum & Bass / Grime], Maymun [Hip Hop / Reggae / Funk], Norap, Beat Scraper, Paranoyan [Hip Hop / Indie / Rap]. Interview croisée de ces artistes aux multiples projets.
Aurélie : Qu’est-ce qui vous a poussé à jouer dans ces différents groupes en même temps ?
Guillaume & Rémy : Depuis qu’on est tout petit, on sait ce qu’on veut faire, on ne se fixe pas de barrière musicale, d’où le fait qu’on joue dans un groupe de Soul / R’N’B’ / Blues – Groovebuster Band et dans un autre de Rockabilly / Blues – Spunyboy & The Switchers. Orchicagoz est en fait la réalisation d’un fantasme. On souhaitait tous les deux jouer dans une grosse formation. Là, il y a 14 musiciens mais chacun à sa vie et on répète rarement. En fait, on a joué dans une dizaine de groupes. On a vu ce qui nous plaisait le plus et c’est vraiment le Rythm’N’Blues, le Jazz et le Rock’N’Roll.
Dj Stamiff : Je mixe avant tout du Classic Hip-Hop, et j'aime la diversité. Le Hip-Hop utilise des samples de pleins d'horizons musicaux différents. Je me suis mis ensuite à mixer de la Drum&Bass car j'aimais le coté samples et le lien avec la culture Hip-Hop. Ce qui m'a poussé à participer à ces divers projets est le fait de pouvoir mettre un petit grain de Hip-Hop dans divers styles musicaux.
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Aurélie : Comment jonglez-vous entre les répétitions, les dates voire les sorties d’albums de vos groupes ?
Guillaume & Rémy : Nous, on fait que ça donc 4 à 5 répétitions par semaine, 3 si on joue pas mal cette semaine là. Les deux groupes répètent au même local. C’est une histoire de calendrier, de téléphone et surtout de forfait spécial. Pour les dates de concerts, on choisit le premier organisateur qui propose la date. On ne fait pas de date commune avec les groupes. On aime se plonger complètement dans un style. On a essayé une fois mais le public s’y perd aussi. On ne fait pas ça pour accumuler les groupes, on veut vraiment aller au plus profond de ces styles et des techniques. Dans les deux groupes, il y a juste le guitariste qui change. C’est Kevin pour Spunyboy & The Switchers et Julien pour Groovebuster Band.
Dj Stamiff : Lorsqu'il y a une actualité ou des concerts avec un des projets, on répète à fond les semaines qui précédent l'événement. ça peut m'arriver de passer ma journée à répéter avec deux groupes différents sur une amplitude horaire de 13h à 1h00. Pour les lives machines ou les soirées avec MC on se voit de temps en temps et on improvise, si chacun taf bien individuellement, ça passe nickel. Pour les concerts, si une date tombe en même temps pour plusieurs groupes, je fais celle qui est la plus intéressante pour le développement d'un des groupes, sachant que nous avons différentes configurations qui permettent de jouer avec ou sans moi, le rendu n'est pas le même mais chaque groupe peu quand même faire le concert.

Aurélie : Qu’est-ce que vous apportent ces différentes expériences ? Le fait de jouer dans des formations de styles divers?
Guillaume & Rémy : On ne pourrait pas arrêter un des trois. On a besoin des trois pour être satisfaits musicalement.
Dj Stamiff : Le fait de jouer dans des formations différentes me permet de ne pas être bloqué sur un seul style musical et de pouvoir développer ma passion sur d'autres structures que celle du Hip-Hop classique.
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Aurélie : Est-ce que le fait de jouer dans ces deux groupes permet de se diversifier au point de pouvoir toucher un peu à tout en ce qui concerne le son, les lumières ou d’autres domaines ?
Guillaume & Rémy : On est complètement autonome. On n’a pas de manager et de tourneur. On touche au son mais on n’est pas ingénieur du son. On voulait faire ce métier quand on était petit mais on ne se voyait pas regarder le groupe et ne pas jouer.
Dj Stamiff : Non, je reste DJ/ Turntablist ,et intervient plus ou moins de la même façon dans les différents projets. Je ne participe pas ou très peu aux compositions des morceaux. Mon rôle est plus de backer et d'ajouter ma touche sur des morceaux existants comme pour un DJ set. La diversité se fait plus ressentir sur les outils et sources sonores que j'utilise suivant les projets. Avec Enfants 2la Basse, j'utilise plus des voix, avec Maymun, je scratche différents samples et balance des effets, avec Norap, je rejoue les parties des featuring de l'album.

Aurélie : Guillaume et Rémy, y’en a-t-il un de vous qui a pensé à jouer dans une autre groupe sans son frère ?
Guillaume & Rémy : On l’a déjà fait. Guillaume a joué dans un groupe années 70 et Rémy dans un groupe de World Music. Mais un an après, j’ai intégré mon frère au groupe. A chaque fois, on ramène le frère. On a une telle complicité qu’on ressent une certaine déception quand l’autre n’est pas là. On a nos habitudes de travail. On s’harmonise au niveau des voix et de la rythmique. Ça nous permet d’avancer très vite en répétition.
Aurélie : Des artistes connus font souvent partie d’autres groupes ou montent des side-projects. A votre avis, qu’est-ce qui les pousse à se lancer ?
Guillaume & Rémy : Le fait de ne pas être frustrer musicalement. Il vaut mieux créer un autre groupe plutôt que de fusionner maladroitement des styles. Il y en a qui arrive tout de même à rester cohérents comme le groupe Creedence Clearwater Revival. On sent bien le Blues, le Rock'N'Roll et la Country. Une impression de faciliter se dégage de leur musique. C’est marrant d’ailleurs le groupe est composé aussi de deux frères : John et Tom Fogerty.
Dj Stamiff : Sûrement le fait de toucher un plus large public ou un public différent et bien entendu le fait de pas toujours jouer la même musique.
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Groovebuster Band
Aurélie : Les projets à venir avec vos groupes ?
Guillaume & Rémy : On revient d’une tournée en Bretagne et on compte retourner quelques week-end là-bas. On remplit plus les salles au Havre ou à Rouen que dans notre région. Il y avait par exemple plus de public dans une grange au milieu de nulle part près du Havre que dans un super café près de chez nous. On souhaite aussi que Groovebuster Band et Spunyboy & The Switchers soient au même niveau, qu’ils aient la même évolution, que les chansons reçoivent un bon accueil. Mais on veut rester bien cohérents et garder une distinction entre les deux. On ne cumulent pas les groupes pour dire d’en avoir.
Dj Stamiff : Des concerts avec Enfants 2la Basse, la sortie de l'album de Maymun en septembre, la sortie de l'album de Norap en septembre et continuer à backer des rappeurs
Les liens des différents groupes de :
Guillaume & Rémy :
Groovebuster Band : www.myspace.com/groovebusterband
Spunyboy & The Switchers : www.myspace.com/spunyboyandtheswitchers
Orchicagoz : www.myspace.com/theorchicagoz
Dj Stamiff :
Enfants 2la Basse : www.myspace.com/enfants2labasse
Maymun : www.maymun.studioka.net/
Norap : www.norap.fr/
Paranoyan : www.myspace.com/paranoyanhumanoweed